Les prix du pétrole augmentent après l’annonce du « Project Freedom » par Trump


Principaux renseignements

  • Le président Trump a annoncé le « Projet Liberté » pour venir en aide aux navires bloqués dans le détroit d’Ormuz, mais les traders restent sceptiques quant à son efficacité.
  • L’Iran a fait savoir qu’il n’était pas disposé à coopérer avec le plan de Trump, ce qui suscite des inquiétudes quant à la fragilité du cessez-le-feu et au risque d’une nouvelle escalade.
  • La fermeture du détroit d’Ormuz a eu un impact significatif sur l’approvisionnement mondial en pétrole, entraînant une flambée des prix, et les analystes prévoient des niveaux élevés même après un accord de paix.

Le prix du Brent a augmenté après l’annonce par le président Trump du « Projet Freedom », un plan visant à venir en aide aux navires bloqués dans le détroit d’Ormuz. Les contrats à terme sur le Brent pour juillet sont restés stables dans la matinée, mais ont grimpé vers 11 h 10 à 109,35 dollars le baril, soit une hausse de 1,01 pour cent. Les contrats à terme sur le WTI pour juin ont connu une évolution similaire et s’établissaient au même moment à 102,94 dollars le baril, soit une hausse de 1,05 pour cent.

Scepticisme à l’égard du « Project Freedom »

Malgré cette opération, les traders ont exprimé leur scepticisme quant à son efficacité pour résoudre la grave perturbation énergétique qui affecte actuellement les marchés mondiaux, comme l’a décrit l’Agence internationale de l’énergie.

Alors que Trump s’est engagé à « aider à libérer » les navires à partir de lundi, les détails concernant l’opération restent flous. Bien qu’il ait initialement suggéré des escortes navales, les responsables de l’administration ont précédemment rejeté cette idée, invoquant la nécessité de préparatifs supplémentaires.

Le Commandement central américain a déclaré qu’il « soutiendrait » les navires naviguant sur cette voie maritime sans mentionner le recours spécifique à des escortes navales. Le commandement a évoqué une présence militaire importante comprenant des destroyers lance-missiles, des avions, des drones et 15 000 militaires participant à cette opération.

Cessez-le-feu fragile

Les responsables iraniens ont fait part de leur refus de coopérer avec le plan de Trump, suscitant des inquiétudes quant à la fragilité du cessez-le-feu établi entre les deux parties le 7 avril. Ebrahim Azizi, président de la Commission de sécurité nationale du Parlement iranien, a averti que toute « ingérence américaine » serait considérée comme une violation de la trêve.

Ajoutant à la tension, des informations ont fait état lundi d’un pétrolier touché par des projectiles non identifiés au large des côtes des Émirats arabes unis, après un précédent rapport faisant état d’un vraquier attaqué par des navires de plus petite taille près de l’Iran.

Sentiment du marché et solutions à long terme

Les analystes suggèrent que les traders s’habituent aux déclarations de Trump selon lesquelles les progrès dans les négociations avec l’Iran s’avèrent prématurés. Ils soulignent également la baisse continue des stocks mondiaux de pétrole et son impact potentiel sur le sentiment du marché.

Si le « projet Freedom » peut apporter un soulagement temporaire, les analystes estiment qu’une solution durable pour rétablir les flux énergétiques à travers le détroit d’Ormuz nécessite des mesures plus globales. Il faudra probablement des mois pour résoudre cette perturbation importante de l’approvisionnement en pétrole.

Impact économique de la fermeture du détroit

Goldman Sachs estime que la fermeture de cette voie navigable vitale, qui assure le transport d’un cinquième du pétrole mondial, ainsi que les attaques contre les infrastructures énergétiques, ont entraîné une réduction quotidienne de 14,5 millions de barils de la production mondiale. Les prix du Brent ont bondi de près de 50 pour cent depuis le début du conflit et sont restés supérieurs à 100 dollars le baril pendant près de deux semaines.

Même après un éventuel accord de paix entre Washington et Téhéran, les analystes prévoient que les prix du pétrole resteront élevés en raison de facteurs tels que les stocks d’énergie accumulés, les infrastructures endommagées et la nécessité de déminer les zones iraniennes.

Baisse du trafic et sous-estimation du marché

Les données de suivi des navires révèlent une baisse significative du trafic dans le détroit, avec seulement 20 navires ayant traversé mercredi, contre une moyenne de 129 transits quotidiens avant le début du conflit.

Les analystes mettent en garde contre le fait que le marché pourrait sous-estimer la durée de la fermeture du détroit et le risque d’une nouvelle escalade militaire. Le décalage actuel entre les prix élevés du pétrole et les perturbations limitées de l’approvisionnement, contrairement à la situation de 2022 pendant la guerre en Ukraine, a peu de chances de persister indéfiniment.

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