Pourquoi les Japonais vivent plus longtemps?

Tetiana Shepereva /Unsplash

Le Japon compte depuis peu l’une des trois seules personnes au monde à être encore en vie à l’âge de 118 ans. Et il est peu probable que ce soit la dernière citoyenne à marquer ce record. Un élément clé pourrait expliquer ce phénomène, comme le rapporte The Economist.

Le 2 janvier dernier, Tanaka Kane a fêté son 118e anniversaire. C’est la troisième personne au monde qui peut se targuer d’être vivante à 118 ans. C’est aussi la première citoyenne japonaise à avoir atteint cet âge-là. Le pays a l’espérance de vie la plus longue du monde et compte aujourd’hui, pas moins de 80. 000 centenaires.

La longévité inhabituelle dont jouit le Japon est souvent attribuée à son alimentation. Mais penser que le pays doit l’espérance de vie prolongée de sa population à un mode de vie particulièrement sain est un raccourci. 

Le Japon n’a pas toujours joui de cette longévité. Entre 1970 et 1990,  son taux de mortalité, établi par tranches d’âge, ne se démarquait pas des autres statistiques publiées par l’OCDE. 

Moins’ ou ‘plus’ de viande ?

La consommation de viande animale a été interdite pendant longtemps au Japon. La population japonaise consomme d’ailleurs encore peu de viande et de produits laitiers à l’heure actuelle. 

Comparaison des consommations alimentaires des denrées par population et par kg. Sources: OMS et The Economist.

Mais alors que consommer trop de viande est nocif pour la santé, il apparaît que ne pas en consommer, ou très peu, est tout aussi nocif.  La viande fournirait au métabolisme le cholestérol nécessaire aux parois des vaisseaux sanguins. 

Source: OMS

Dans une étude portant sur 48.000 Britanniques, les végétariens se sont montrés particulièrement résistants aux maladies cardiaques, mais, de façon surprenante, plus en proie à développer des maladies vasculaires. En d’autres termes, la pénurie d’aliments d’origine animale pourrait expliquer les chiffres enregistrés au Japon dans le passé.

Entre 1960 et 2013, alors que la consommation annuelle de viande est passée de près de zéro à 52 kg par personne (45% du niveau américain), les décès liés aux incidents vasculaires ont fortement diminué. 

Une population âgée

Certaines preuves empiriques confirment ces données. En 1990, un article  révélait déjà que les régions du Japon où les régimes alimentaires avaient été modifiés enregistraient des taux de mortalité -liés aux maladies vasculaires plus faibles.

Une autre étude, qui impliquait 80.000 sujets japonais et qui a été réalisée entre 1995 et 2009, prouve que les accidents vasculaires et cérébraux étaient plus fréquents chez ceux qui consommaient moins de viande et de crème. 

Ironie du sort : les progrès opérés au Japon en matière de santé, associés à un faible taux de natalité, menacent aujourd’hui l’économie du pays. D’ici 2060, 40% des Japonais pourraient être âgés de 60 ans ou plus. 

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