Les indemnités de télétravail explosent en Belgique : la flexibilité l’emporte sur le salaire


Principaux renseignements

  • Les indemnités de télétravail en Belgique ont doublé, tant en fréquence qu’en montant moyen.
  • La flexibilité l’emporte désormais sur le salaire en tant que principale motivation pour les talents du secteur technologique.
  • Les dirigeants de la génération Z considèrent les modèles hybrides comme essentiels pour le recrutement à long terme.

Des données récentes d’Acerta révèlent une forte augmentation des indemnités de télétravail pour les employés belges. Sur une période de cinq ans, le pourcentage de salariés bénéficiant de ces indemnités est passé de 6,93 pour cent en 2021 à 14,08 pour cent. De plus, le montant annuel moyen est passé de 445 à 860 euros. Si cette tendance confirme que le télétravail est désormais une réalité permanente de la vie professionnelle, la plupart des entreprises versent encore des indemnités bien inférieures au plafond légal de 1 931 euros, ce qui suggère que les avantages fiscaux liés à ces indemnités restent sous-exploités.

La flexibilité l’emporte sur le salaire

Cette évolution du comportement des entreprises va dans le sens des conclusions de l’International Workplace Group (IWG), qui gère de nombreux espaces de coworking à travers la Belgique.

Selon leur enquête menée auprès de cadres européens, la possibilité de travailler en mode hybride a dépassé le salaire en tant que principal facteur d’attraction des experts en technologie, 37 pour cent privilégiant la flexibilité contre 35 pour cent qui donnent la priorité au salaire.

D’un avantage à une nécessité

Ce qui était autrefois considéré comme un avantage généreux est devenu une exigence fondamentale pour la main-d’œuvre moderne.

Si de nombreux employeurs ont formalisé le télétravail par le biais de contrats et d’accords informatiques afin de respecter leurs obligations légales en matière de coûts, une approche purement administrative est insuffisante. Une adaptation stratégique est désormais nécessaire pour rester compétitif.

L’influence de la génération Z

L’importance de cette transition est particulièrement évidente chez les jeunes professionnels. IWG rapporte que 72 pour cent des managers considèrent les modèles hybrides comme essentiels pour recruter des talents informatiques, un chiffre qui grimpe à 80 pour cent chez les dirigeants de la génération Z. De plus, 68 pour cent des cadres admettent qu’un salaire élevé ne suffit plus à retenir le personnel qualifié.

Pour les travailleurs du secteur technologique de moins de 30 ans, un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée est plus important que les gains financiers, 42 pour cent d’entre eux privilégiant le premier aspect contre 30 pour cent qui privilégient le second. Mark Dixon, PDG d’IWG, prévient que les entreprises qui ne parviennent pas à intégrer l’hybridité dans leur culture d’entreprise auront du mal à s’assurer les talents nécessaires pour rester viables.

Bruxelles comme indicateur

Il est intéressant de noter que la région bruxelloise s’écarte de la tendance nationale. Les données d’Acerta montrent une baisse de près de 5 pour cent de la proportion d’employés bénéficiant d’indemnités de télétravail dans la capitale, probablement due au fait que les grandes entreprises rappellent leur personnel au bureau. Cela crée un conflit potentiel, car ces entreprises vont à contre-courant d’un marché du travail qui a passé cinq ans à s’adapter à un mode de travail plus flexible.

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