La Belgique continue d’importer de l’acier russe en profitant d’une faille réglementaire de l’UE


Principaux renseignements

  • La Belgique exploite une faille réglementaire de l’UE pour importer de l’acier russe jusqu’en 2028.
  • Le géant russe NLMK alimente ce commerce par le biais de coentreprises en Région wallonne.
  • Les détracteurs affirment que ces importations financent l’effort de guerre russe, malgré les arguments de nécessité économique avancés par la Belgique.

Malgré une condamnation croissante, la Belgique persiste à importer de l’acier russe. Une enquête menée par le Kyiv Independent révèle que le pays continue d’acquérir des volumes substantiels d’acier en provenance de Russie grâce à une faille réglementaire qui restera en vigueur jusqu’en 2028, plusieurs années après que l’UE a imposé ses premières sanctions suite à l’invasion de l’Ukraine.

NLMK

L’un des principaux moteurs de ce commerce est NLMK, un géant russe de l’acier. L’entreprise continue de transporter des brames d’acier semi-finies de Russie vers ses sites européens, dont deux usines belges. Bien que l’UE ait interdit la plupart des importations d’acier russe dès le début du conflit, elle a accordé un sursis temporaire aux brames semi-finies, en établissant une période de suppression progressive qui prendra fin en septembre 2028.

La prédominance de la Belgique dans les importations

Les statistiques indiquent que la Russie fournit 58 pour cent des importations de brames semi-finies de l’UE en provenance de pays tiers. La Belgique est le principal importateur dans cette catégorie, représentant environ un tiers de ces livraisons.

Ces relations économiques persistantes ont suscité la colère des responsables politiques européens et des représentants ukrainiens, qui affirment que ce commerce alimente l’effort de guerre russe. Oleksiy Honcharenko, membre du Parlement ukrainien, a souligné que Vladimir Lisin, le milliardaire à la tête de NLMK, continue de tirer profit de la présence européenne de l’entreprise. Il convient de noter que les activités belges de NLMK sont menées dans le cadre d’une coentreprise avec Wallonie Entreprendre, la branche d’investissement de la Région wallonne.

La défense du gouvernement belge

Défendant cette politique, un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères a fait valoir que les sanctions devaient être équilibrées afin d’éviter de paralyser les économies nationales. Il a laissé entendre que cibler Lisin mettrait injustement en péril des emplois belges et des chaînes d’approvisionnement industrielles qui n’ont aucun lien avec le gouvernement russe.

Critiques venues d’Europe

Cependant, certains législateurs européens réclament un découplage plus urgent vis-à-vis des matériaux russes. Alors que le député européen allemand Michael Gahler et le député européen néerlandais Thijs Reuten ont appelé à une cessation plus rapide de ces importations, la Belgique maintient qu’elle se contentera de respecter le calendrier européen existant, qui s’achève en 2028. Les opposants à cette transition lente font valoir que des sources alternatives viables sont déjà disponibles.

En outre, l’enquête mentionne que NLMK envisage un investissement à grande échelle pour fabriquer des brames d’acier directement en Belgique, un projet qui dépendrait probablement d’un financement substantiel de la part des autorités européennes et belges.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus