Les États-Unis vont-ils profiter de la faiblesse énergétique de l’Europe ? Macron obtient des concessions de Joe Biden

Le président français a rencontré son homologue américain pour éviter rien de moins qu’une guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe. La volonté des États-Unis de protéger son industrie est vue comme du protectionnisme, via des subsides anticoncurrentiels.

Pourquoi est-ce important ?

Après les plans post-Covid, à plusieurs milliers de milliards d'euros, l'administration Biden a sorti un nouveau bazooka, le mal nommé Inflation Reduction Act (IRA). Une nouvelle enveloppe de 369 milliards pour soutenir l'industrie "verte" et lutter contre l'inflation. Dans les faits, ce plan n'agira pas contre l'inflation (que du contraire) mais consistera à subsidier notamment l'industrie de l'automobile électrique. France et Allemagne s'inquiètent.

Dans l’actu : Emmanuel Macron trouve un accord avec Joe Biden.

  • Le président américain a accueilli à bras ouvert son « ami » Emmanuel Macron pour une visite d’Etat. C’est le premier chef d’État à être reçu avec de tels honneurs par Biden à Washington. Et si on détermine la réussite de cette visite par le nombre de tweets que le président américain a partagé, on peut dire sans hésiter qu’elle s’est bien déroulée.
  • Joe Biden n’entend toutefois pas revenir sur son paquet de subventions à l’industrie américaine. Mais il est prêt à faire bénéficier ses alliés.
  • « Je n’ai jamais eu l’intention d’exclure les gens qui coopèrent avec nous. Ce n’était pas l’intention. Nous sommes de retour aux affaires, l’Europe est de retour aux affaires. Et nous allons continuer à créer des emplois manufacturiers en Amérique, mais pas au détriment de l’Europe », a réagi Joe Biden, dont les propos ont été retranscrits par Politico. « Il est évident qu’il y aura des problèmes et que nous devrons concilier les changements », a-t-il ajouté, en faisant référence à l’IRA.
  • Bien sûr, à ce stade, il n’est pas tout à fait clair de savoir si ces belles intentions se concrétiseront en actes. L’Europe pourrait bénéficier des mêmes exemptions accordées au Canada et au Mexique, dans leur accord de libre-échange.
  • « Nous avons eu une très bonne discussion sur l’IRA et nous avons décidé de synchroniser nos approches (…) ainsi que nos investissements, car nous partageons la même volonté forte de sécuriser nos industries », a déclaré Macron.

L’essentiel : le triangle USA-Europe-Chine.

  • La vérité est que les États-Unis, qui payent beaucoup moins cher leur énergie, et qui font même d’énormes profits grâce à leur GNL, ont les coudées beaucoup plus franches que l’Europe.
  • Les États-Unis poussent les Européens à adopter leur propre plan de financement de transition et de subventions aux technologies vertes, mais les pays de l’UE ont déjà beaucoup dépensé après les crises sanitaires et énergétiques.
  • La volonté d’Emmanuel Macron de mettre en place un « Buy European Act » (acheter Européen) ne convainc pas toutes les chancelleries. Pour la bonne et simple raison que le président français protège d’abord ses intérêts : l’industrie automobile française, qui doit aussi faire sa transition vers l’électrique.
  • L’Allemagne joue, elle, sur les deux tableaux et se tourne aussi vers la Chine. Beaucoup lui reprochent d’adopter une attitude naïve envers Pékin, mais les mêmes ne voient pas les dangers du protectionnisme américain.
  • Les États-Unis tentent d’entrainer les Européens dans une guerre commerciale contre la Chine, tout en blindant leur propre industrie. À ce petit jeu-là, l’Europe pourrait tout perdre. La naïveté n’est pas à sens unique. Macron l’a compris.
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