Principaux renseignements
- L’armée de l’air américaine portera la part de ses avions furtifs à 60 pour cent d’ici 2035.
- Les objectifs d’acquisition prévoient l’achat de 72 nouveaux avions par an pour remplacer les flottes vieillissantes.
- Les ailiers autonomes réduiront à terme le besoin de chasseurs pilotés.
L’armée de l’air américaine a présenté en détail une refonte stratégique de sa flotte d’avions de combat dans un récent rapport – via Air & Space Forces Magazine – adressé au Congrès, visant un total de 1 509 chasseurs pilotés d’ici 2035.
L’un des piliers centraux de ce plan est le renforcement des capacités furtives, qui devraient passer de 40 pour cent actuellement à 60 pour cent de l’effectif total. Selon cette trajectoire, le F-35A deviendra l’appareil principal, représentant environ 40 pour cent de la flotte, tandis que les 20 pour cent restants des moyens furtifs seront constitués de F-22 Raptors et des futurs F-47 de sixième génération.
L’avènement du F-47
Le F-47, développé par Boeing dans le cadre de l’initiative « Next Generation Air Dominance », est destiné à remplacer à terme la flotte vieillissante de F-22. Bien que l’armée de l’air ait l’intention de remplacer les 186 Raptors par un nombre similaire de F-47, la transition pourrait être ralentie par des obstacles liés au développement, l’appareil n’ayant pas encore effectué de vol.
Certains analystes estiment que le F-47 pourrait ne pas entrer en service avant la fin des années 2030, ce qui risquerait de retarder la composition prévue de la flotte.
Équilibre entre furtivité et appareils traditionnels
Malgré la priorité accordée à la furtivité, l’armée de l’air affirme que les avions de quatrième génération non furtifs resteront essentiels. Environ 40 pour cent de la flotte de 2035 sera composée de variantes des F-15 et des F-16.
Plus précisément, la part des F-15 devrait passer à 20 pour cent, tandis que celle des F-16 baissera considérablement, passant de 45 pour cent à 20 pour cent. Cette doctrine de force mixte a récemment été validée lors d’opérations en Iran, où des F-35 et des F-22 ont neutralisé les défenses ennemies afin d’ouvrir la voie à des frappes de suivi menées par des F-15 et des F-16.
72 nouveaux avions furtifs par an
Pour atteindre ces objectifs, l’USAF est confrontée à un défi considérable en matière d’acquisition. Entre le retrait des A-10 Thunderbolt — dont le retrait total est prévu d’ici 2030 — et le retrait progressif des anciens F-16 et F-15E, l’armée de l’air doit acquérir près de 700 nouveaux appareils au cours des neuf prochaines années.
Cela nécessite un rythme d’acquisition annuel de 72 avions. Alors que les leaders du secteur affirment pouvoir répondre à cette demande, les responsables admettent que ces chiffres doivent faire leurs preuves dans la pratique.
Contraintes financières
Des obstacles financiers et opérationnels persistent, notamment en ce qui concerne le F-35. Les déficits budgétaires prévus pour l’exercice 2027 pourraient contraindre l’armée de l’air à retarder ses achats ou à réaffecter des fonds provenant d’autres programmes.
En raison de ces préoccupations liées aux coûts et à la disponibilité, l’USAF envisage de relancer la production du F-16 via une nouvelle variante « F-16G ». Cette option est intéressante car les chaînes de production en Caroline du Sud restent en activité, offrant ainsi une alternative plus abordable et plus facilement disponible que le F-35.
Drones
Au-delà du vol piloté, l’armée de l’air intègre des technologies autonomes. Elle prévoit de déployer 500 avions de combat collaboratifs (CCA) d’ici 2032. Si les avions pilotés restent la priorité pour l’instant, les responsables estiment qu’à mesure que la technologie des drones mûrira, ces ailiers autonomes pourraient à terme réduire le nombre total de chasseurs pilotés nécessaires à l’avenir. (fc)
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