Principaux renseignements
- Le département américain de l’Énergie prévoit de convertir le plutonium de la guerre froide en combustible nucléaire.
- Les cinq entreprises sélectionnées exploiteront ces déchets radioactifs pour attirer des investissements privés.
- Des membres du Parti démocrate mettent en garde contre le fait que ce projet constitue une menace pour la sécurité nationale et la non-prolifération nucléaire.
Le département américain de l’Énergie a sélectionné cinq organisations — dont Flibe Energy, Standard Nuclear, SHINE Technologies, Exodys Energy et Oklo — pour mener des discussions de haut niveau concernant la transformation du plutonium résiduel de la guerre froide en combustible nucléaire. Cette initiative, connue sous le nom de « Programme d’utilisation du plutonium excédentaire », vise à aider ces entreprises à attirer des investissements privés.
Une évolution dans la gestion des déchets radioactifs
L’administration actuelle a l’intention d’allouer environ 20 tonnes de plutonium, provenant d’armes nucléaires démantelées, à des fournisseurs d’énergie nationaux. Auparavant, le gouvernement s’était concentré sur la dilution et l’élimination de ces matières, mais le président Trump a mis fin à ces efforts en mai afin de donner la priorité au développement de technologies nucléaires de pointe. Cette substance radioactive, caractérisée par une demi-vie de 24 000 ans, est actuellement stockée dans des installations hautement sécurisées au Nouveau-Mexique, au Texas et en Caroline du Sud.
Collaboration avec une entreprise européenne
Oklo a l’intention de collaborer avec la société européenne Newcleo. Selon Jacob DeWitte, PDG d’Oklo, cette stratégie permet aux États-Unis de convertir des matières destinées à l’élimination en « combustible de transition », accélérant ainsi le déploiement de nouveaux réacteurs. Le fondateur de Newcleo, Stefano Buono, a ajouté que cette approche permettrait de réduire au minimum les engagements nucléaires des États-Unis.
Opposition politique
Cependant, ce projet a suscité une vive opposition de la part de plusieurs législateurs démocrates. Dans une lettre commune, les représentants Don Beyer et John Garamendi, ainsi que le sénateur Edward Markey, ont fait valoir que 20 tonnes de plutonium pourraient potentiellement servir à fabriquer 2 000 bombes atomiques. Ils ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que cette initiative est économiquement illogique et constitue une menace pour la sécurité nationale et la non-prolifération nucléaire, exhortant le gouvernement à abandonner le projet.
De plus, certains ont relevé un conflit d’intérêts potentiel, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright ayant précédemment siégé au conseil d’administration d’Oklo. Bien que le ministère de l’Énergie ait annoncé la sélection du partenaire, il n’a pas encore fourni de détails sur les protocoles de sécurité relatifs à la manipulation des matières. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

