Principaux renseignements
- Hapag-Lloyd s’oppose au projet américain de taxe de 20 pour cent sur les marchandises transitant par le détroit d’Ormuz.
- Des experts juridiques avertissent que le fait de percevoir une taxe dans les eaux internationales constitue une violation des droits de libre transit.
- Le réacheminement des routes maritimes protège actuellement les prévisions de bénéfices de la société contre la volatilité régionale.
Hapag-Lloyd, cinquième compagnie mondiale de transport maritime par conteneurs, a exprimé sa vive opposition à un projet de taxe de 20 pour cent sur les marchandises transitant par le détroit d’Ormuz. La société a qualifié de « fondamentalement erroné » le projet du gouvernement américain visant à faire payer les navires afin de compenser les coûts liés à la sécurisation de cette voie navigable.
Les armateurs mettent en garde contre un dangereux précédent
L’Association allemande des armateurs (VDR) s’est fait l’écho de ces préoccupations, affirmant que de telles redevances seraient illégales et violeraient le droit établi au libre transit dans les eaux internationales.
Martin Kroeger, président de la VDR, a mis en garde, dans une interview accordée à Wirtschaftswoche, contre le fait que la création d’un tel précédent pourrait conduire à l’imposition de redevances similaires sur d’autres passages maritimes stratégiques, tels que le détroit de Malacca. Il a souligné que le transport maritime commercial ne devait pas être utilisé comme un outil dans les conflits géopolitiques.
« Le détroit d’Ormuz n’est ni le canal de Suez ni le canal de Panama »
Tout en reconnaissant que des redevances sont acceptables pour l’entretien d’infrastructures artificielles telles que les canaux de Suez ou de Panama, Hapag-Lloyd a fait valoir que ce raisonnement ne s’applique pas au détroit d’Ormuz.
Cette région constitue une artère vitale pour l’énergie mondiale, facilitant auparavant le transport d’environ 20 pour cent du pétrole et du gaz mondiaux. Les tensions actuelles entre les États-Unis et l’Iran concernant le contrôle du détroit ont déjà contribué à la hausse des coûts énergétiques et aux pressions inflationnistes mondiales.
Ajustements opérationnels
Malgré ces tensions, le transporteur basé à Hambourg a récemment revu à la hausse ses prévisions de bénéfices en raison d’une forte demande. Dans une déclaration à Reuters, la société a indiqué avoir déjà modifié ses itinéraires maritimes pour contourner cette zone instable, ce qui signifie que les escalades actuelles n’ont pas encore directement perturbé les opérations de sa flotte.
Par conséquent, Hapag-Lloyd a déclaré ne pas être en mesure, à l’heure actuelle, de fournir une estimation financière précise de l’impact de la situation dans le Golfe sur ses résultats financiers.
(at)
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