Principaux renseignements
- L’armée de l’air américaine dépense des millions pour transformer le B-52 en B-52J modernisé.
- Des défaillances techniques et des dépassements budgétaires ont repoussé la mise en service à 2030.
- Ces modernisations garantissent que ce bombardier de la Guerre froide restera opérationnel jusqu’aux années 2050.
Afin de garantir que le B-52 Stratofortress reste un atout stratégique viable jusqu’aux années 2050, l’armée de l’air américaine investit massivement dans une série de modernisations de grande envergure.
Boeing et Raytheon
Des contrats récents d’un montant total d’environ 766 millions de dollars (658 millions d’euros) ont été attribués à Boeing et Raytheon pour moderniser l’armement et les systèmes radar de l’appareil.
Ces améliorations sont essentielles à la transition vers la configuration B-52J, permettant à une plateforme datant de la Guerre froide de fonctionner dans les environnements contemporains à haut risque.
Modernisation des radars et de l’armement
L’un des principaux volets de ce programme consiste à remplacer le radar mécanique AN/APQ-166, désormais obsolète, par l’AN/APQ-188, un système à balayage électronique actif (AESA). Fabriqué par Raytheon dans le cadre d’un contrat de 603 millions de dollars, ce nouveau radar est conçu pour renforcer la fiabilité et les capacités opérationnelles, tant pour les missions nucléaires que conventionnelles, en améliorant notamment la capacité à contourner les conditions météorologiques défavorables et la navigation.
Parallèlement, Boeing s’est vu confier un projet de près de 163 millions de dollars visant à moderniser les râteliers à bombes du bombardier.
Dépassements budgétaires et contretemps techniques
Cependant, la transition vers le nouveau radar a été marquée par des contretemps. Un rapport du Government Accountability Office (GAO) a révélé que les coûts d’acquisition ont grimpé de plus de 30 pour cent, dépassant les 2,9 milliards de dollars. Le programme a également subi d’importants décalages dans son calendrier, la mise en service initiale étant désormais reportée à 2030. Pour maîtriser ces coûts croissants, l’armée de l’air a revu à la baisse certaines exigences du programme.
Ces défis sont aggravés par des complexités techniques et par un tragique accident survenu lors d’un essai en vol en juin, qui a fait huit victimes.
Modernisations globales
Au-delà du radar, la stratégie de modernisation plus large, d’un montant de 21 milliards de dollars, prévoit le remplacement des moteurs TF33 d’origine par des turboréacteurs à double flux Rolls-Royce F130. D’autres améliorations concernent la mise à jour des suites de guerre électronique, des outils de communication et des écrans du poste de pilotage.
Ces modifications permettront au B-52J de mieux résister aux brouillages électroniques et d’intégrer le futur missile de croisière à longue portée AGM-181, avec une capacité de transport allant jusqu’à 20 de ces armes.
Près d’un siècle au service
Malgré ces obstacles, l’armée de l’air considère le Stratofortress comme indispensable en raison de son immense capacité de charge utile et de ses capacités de frappe à longue portée. Loin d’être retiré du service, le B-52 modernisé volera aux côtés du B-21 Raider furtif. Si ces initiatives aboutissent, l’appareil restera opérationnel pendant près d’un siècle après ses débuts en 1955. (fc)
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