Les États-Unis autorisent la vente de 10 000 bombes de précision à l’Arabie saoudite


Principaux renseignements

  • Le Département d’État américain a approuvé un contrat d’armement de 5 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) portant sur la vente de 10 000 bombes de précision à l’Arabie saoudite.
  • Les kits JDAM à portée étendue triplent la distance de frappe afin de protéger les pilotes des défenses aériennes ennemies.
  • Le contrôle du Congrès reste le dernier obstacle à franchir, compte tenu des controverses passées concernant les victimes civiles au Yémen.

Le Département d’État américain a récemment informé le Congrès de son approbation d’un éventuel contrat d’armement de 5 milliards de dollars avec l’Arabie saoudite. Cet accord de grande envergure, annoncé le 4 septembre, porte sur le transfert de plus de 10 000 systèmes de guidage et de bombes associées. Il s’agit de l’une des ventes de munitions les plus importantes autorisées par Washington à un partenaire international de mémoire récente.

JDAM-ER

Cette acquisition porte principalement sur le Joint Direct Attack Munition-Extended Range (JDAM-ER), une version perfectionnée par rapport aux kits de précision standard. Alors que les JDAM de base utilisent des ailettes guidées par GPS pour garantir une grande précision, la version ER intègre une aile déployable.

Cette modification étend la distance de vol plané de l’arme d’environ 25 kilomètres à plus de 75 kilomètres, permettant ainsi aux pilotes de frapper des cibles depuis une distance plus sûre, bien en dehors de la portée des systèmes de défense aérienne ennemis. Le kit d’ailes n’ajoutant qu’un poids minime, il est compatible avec divers appareils, notamment le B-52 et le F-15. Boeing, dont le siège social se trouve en Virginie, a été désigné comme fournisseur exclusif pour ce contrat.

Munitions

Concrètement, ce lot comprend 5 004 bombes BLU-111 de 225 kilogrammes associées à des kits KMU-572, ainsi que 5 000 bombes BLU-117 de 900 kilogrammes associées à des kits KMU-556.

Afin de garantir la pérennité opérationnelle, l’accord englobe également des capteurs de cibles, des fusées, des pièces de rechange et une assistance technique à long terme de la part du contractant.

Tensions régionales

Cette transaction s’inscrit dans un contexte historique de tensions politiques liées à l’armement américain dans la région. Lors du conflit au Yémen qui a débuté en 2015, l’utilisation de bombes de précision de fabrication américaine par les forces saoudiennes a entraîné de nombreuses victimes civiles, suscitant la condamnation des législateurs et des organisations de défense des droits de l’homme.

Ces controverses ont conduit à un gel temporaire des ventes de systèmes de guidage par l’administration Obama en 2016 et à un vote très disputé au Sénat en 2017 concernant une autre vente de bombes. Bien qu’un cessez-le-feu général soit en vigueur au Yémen depuis 2022, la proposition actuelle ne prévoit pas de restrictions spécifiques ni ne fait référence au conflit précédent.

Défendre les intérêts des États-Unis

Pour justifier cette vente, le Département d’État a affirmé que cet accord s’inscrivait dans les intérêts stratégiques des États-Unis en renforçant un partenaire majeur non membre de l’OTAN. Les responsables ont déclaré que cette acquisition renforcerait la défense nationale de l’Arabie saoudite et sa capacité à coordonner ses actions avec les États-Unis et les alliés du Golfe sans perturber l’équilibre militaire régional.

En outre, ils ont souligné que cette vente ne compromettrait pas la préparation militaire des États-Unis et ne nécessiterait pas le déploiement de personnel américain supplémentaire sur le terrain.

Pas encore d’approbation définitive

Bien que le Département d’État ait donné son feu vert à la vente, celle-ci n’est pas encore finalisée. La notification marque le début d’une période d’examen par le Congrès, au cours de laquelle les membres du corps législatif peuvent contester ou modifier l’accord. Étant donné que de précédents contrats d’armement avec l’Arabie saoudite ont été reportés ou revus à la baisse en raison d’une opposition politique, l’issue finale et le calendrier de livraison restent incertains. De plus, toute compensation sous forme d’investissements nationaux entre Boeing et le gouvernement saoudien ferait l’objet d’une négociation distincte. (fc)

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