Les entreprises européennes sont larguées par leurs consoeurs américaines sur le numérique, et cette tendance s’accélère

En matière de numérique, les entreprises européennes font moins bien que leurs concurrentes américaines et c’est un véritable problème pour l’Europe. Car en l’état, les firmes européennes pourraient rapidement se retrouver sur le bord de la route si elles n’accélèrent pas leur numérisation.

D’après la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Europe ne se numérise pas assez vite. Et c’est un véritable problème, car cela en va de la survie de ses entreprises. On aurait pu penser que la pandémie les aurait poussées à passer le cap de la numérisation – ce fut le cas pour certaines -, mais les sociétés européennes accusent un retard important par rapport aux entreprises américaines, de sorte qu’un décrochage est à craindre.

Une occasion manquée pour beaucoup

Outre-Atlantique, près de 58% entreprises ont tiré profit de la crise sanitaire pour accélérer leur transition numérique, contre seulement 46% des sociétés européennes, relève la BEI. Celles d’Europe centrale et de l’Est font moins bien, avec seulement 37%, contre 48% pour l’ouest et le nord du Vieux Continent.

Aux États-Unis, les technologies avancées telles que l’impression 3D ou la réalité virtuelle sont monnaie courante au sein des entreprises, contrairement à l’Europe.

Plus de petites entreprises du côté européen

Pour la Banque européenne d’investissement, le fait que l’économie européenne repose en grande partie sur des petites ou moyennes entreprises explique en partie cette différence de numérisation par rapport aux États-Unis, qui comptent davantage de grandes sociétés. Or, « les petites entreprises sont moins susceptibles d’adopter les technologies numériques » que les grands groupes, estime la cheffe économiste de la BEI, Debora Revoltella.

Une situation qui s’explique par plusieurs facteurs, notamment la difficulté pour les entreprises européennes de trouver du personnel qualifié, mais aussi de financer leur transition. Des soucis qui affectent moins les petites entreprises américaines qui sont en moyenne déjà plus numérisées aux États-Unis.

En Europe, une firme sur six juge que l’accès défaillant aux infrastructures numériques est un « obstacle majeur » pour leur numérisation. La peur que génère cette transition joue également beaucoup dans la balance, car pour certains, la numérisation va pousser à la robotisation et donc, à la destruction d’emplois.

Le Vieux Continent connait une fracture numérique grandissante qui pourrait s’aggraver au cours des prochaines années. Pour beaucoup d’entreprises européennes, leur transition numérique ne fait pas partie de leur priorité d’investissement sur le court terme et cela pourrait devenir un problème pour leurs affaires.

Un véritable problème sur le long terme

Or, le numérique représente de nombreux avantages pour les entreprises et, dans certains cas, pourrait même s’avérer vital pour leur pérennité. Les entreprises qui adoptent les technologies numériques ont tendance à être plus performantes que les autres, la transition numérique est donc essentielle pour rester compétitive du point de vue des concurrents nationaux, mais aussi internationaux. Elles investissent en effet davantage, sont plus innovantes, ont recours à de meilleures pratiques de gestion et se développent plus rapidement, tout en créant plus d’emplois mieux rémunérés. En d’autres termes, elles sont en meilleure forme que les autres et leur avenir est plus rayonnant.

Avec une transition numérique lente, voire inexistante, les PME européennes mettent en réalité leur compétitivité en péril vis-à-vis de la concurrence et cela pourrait avoir des répercussions importantes, comme laisser l’occasion aux géants américains de mettre la main sur la gestion de nos données, par exemple.

Pour éviter cela et pour booster la compétitivité des sociétés européennes, la Banque européenne d’investissement prône pour la création de soutiens financiers pour les PME, afin de les pousser à prendre le train du numérique en route avant qu’il ne soit trop tard. Il en va en réalité de l’économie européenne.

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