Principaux renseignements
- Dans moins d’un an, il y aura des élections présidentielles en France.
- Les partis radicaux de Jordan Bardella (le Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) obtiennent de bons scores dans les sondages.
- Leur rhétorique nous-eux crée plus de polarisation avant les élections.
Les campagnes pour l’élection présidentielle française sont en plein essor. Tant le Rassemblement national (RN) que La France insoumise (LFI) croient que leur meilleure chance de victoire est un second tour entre eux deux. En développant cette idée du « nous ou eux », renforcée par la division du bloc centriste et du reste de la gauche, les deux partis réduisent les élections à un choix polarisé. C’est ce qu’indique Le Monde.
Candidats pour RN et LFI
Jordan Bardella est en fait officiellement candidat au poste de Premier ministre. Mais en cas de condamnation en appel de Marine Le Pen le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens, il deviendra le nouveau candidat à la présidence. Marine Le Pen a été condamnée en première instance l’année dernière à cinq ans d’inéligibilité et quatre ans de prison. Cela l’empêche de se présenter en 2027.
Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise sera candidat aux élections présidentielles pour la quatrième fois. Il avait auparavant suggéré, après une défaite serrée en 2022, qu’il ne se représenterait pas. « Oui, je suis candidat », a-t-il confirmé au journal de 20 heures de TF1, le 3 mai 2026. L’ancien parlementaire défend désormais le concept controversé d’une « Nouvelle France », avec lequel il s’est encore clashé avec Le Pen.
Opposants politiques
Il reste moins d’un an avant les élections présidentielles en France. Selon les derniers sondages d’Ipsos, le Rassemblement national est en tête. Ensuite, Horizons et La France insoumise suivent. Entre-temps, un étrange pas de deux s’est développé entre LFI et le RN. Chacun considère l’autre comme le seul adversaire à sa mesure. Le parti d’extrême droite admire ainsi l’efficacité organisationnelle du mouvement « gazeux » de Jean-Luc Mélenchon. Ils admirent aussi sa capacité à former des cadres compétents. De plus, RN assure que LFI est le seul parti à porter un projet sociétal diamétralement opposé au sien.
Le mouvement de Mélenchon considère de son côté le RN comme son principal adversaire. Ils doivent battre le RN sur le terrain électoral et sur le terrain des valeurs. Ainsi, il faut comprendre la stratégie des « insoumis ». Ils veulent lancer leur campagne autour du thème du « nouveau monde ». Ce concept vague mobilise le thème de l’identité. C’est pour répondre aux propositions xénophobes et anti-immigration du Rassemblement national. En agissant ainsi, on risque de jouer sur son terrain.
Mais surtout, ces deux partis, qui se réclament de l’« anti-establishment », estiment que leur meilleure chance de victoire serait un second tour où ils s’affronteraient. LFI est si persuadée de profiter des effets d’un front républicain. Et le RN est, pour sa part, convaincu de pouvoir profiter d’un large front anti-Mélenchon.
Rétorique du nous-eux
En développant cette idée de « eux ou nous », les deux partis réduisent le choix des élections à une alternative dangereuse. Le programme du parti d’extrême droite contient encore des mesures qui sont contraires aux principes de la République. Ainsi, le Conseil constitutionnel a rappelé en 2024 la préférence nationale. La colonne vertébrale du projet RN reste donc la préférence nationale. Les premières actions des nouveaux maires du RN, élus en mars, montrent également que la réalité du parti reste ancrée dans le coin de l’extrême droite.
Tensions chez les autres partis
Cette polarisation politique est également favorisée par l’irresponsabilité des autres partis. La division au sein du bloc central, notamment entre Gabriel Attal (Renaissance) et Édouard Philippe (Horizons), repose davantage sur des animosités personnelles que sur des divergences de fond. Les deux candidats ont en effet des projets similaires. Le risque pour eux est que, s’ils vont jusqu’au bout, ils dispersent les voix de la droite modérée. Ils ne se qualifieront peut-être pas pour le second tour des élections.
Au sein de la gauche non-mélenchoniste, le contraste est frappant entre les images du meeting de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Des milliers de personnes se sont rassemblées le 7 juin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). À l’inverse, la cacophonie des partis socialistes et écologistes. Ces derniers se sont enlisés dans des débats sur la manière de désignation, une primaire ou plusieurs, pas de primaires, et multiplient les candidats. Jusqu’à présent, ils ne font aucune proposition structurée. (mv) (fc)
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