Pour de nombreux entrepreneurs belges, il reste difficile de vraiment se détacher du travail pendant les vacances


Principaux renseignements

  • La plupart des entrepreneurs belges ont du mal à se déconnecter mentalement de leur travail pendant leurs vacances.
  • Une connectivité permanente entraîne des problèmes de santé physique et des tensions familiales.
  • Des limites claires et des canaux d’urgence restreints préservent la viabilité professionnelle.

Des données récentes issues d’une étude Xerius menée auprès de 2 282 chefs d’entreprise belges révèlent que la véritable détente reste un objectif difficile à atteindre pour de nombreux travailleurs indépendants. Environ 71 pour cent des participants déclarent avoir besoin de plusieurs jours pour se mettre mentalement dans un état de vacances, tandis que près d’un quart continue à travailler presque tous les jours de ses congés.

Le coût physique et émotionnel de la connectivité

La difficulté à se déconnecter se manifeste souvent sur le plan physique et émotionnel. Environ 58 pour cent des entrepreneurs emportent un ordinateur portable lors de leurs voyages pour gérer d’éventuelles crises, une habitude qui entraîne des tensions au sein du foyer pour 56 pour cent des personnes interrogées.

Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven, note que les membres de la famille peuvent facilement faire la distinction entre un parent qui est simplement présent et un parent qui s’est réellement détaché de ses obligations professionnelles. Cette incapacité à se déconnecter a des conséquences sur la santé, puisque 39 pour cent de ces professionnels tombent plus souvent malades pendant leurs congés.

Anxiété avant les vacances 

Le stress commence généralement bien avant la date de départ. Huit entrepreneurs sur dix connaissent une augmentation de leur charge de travail et de leur anxiété à l’approche de leurs vacances. De plus, 68 pour cent quittent leur entreprise avec un sentiment de malaise, craignant l’accumulation des tâches, tandis que seuls 19 pour cent ont le luxe de déléguer leurs responsabilités à leur personnel.

La pression d’une disponibilité permanente

Selon Stéphanie Gowenko, de Xerius, la mentalité du « toujours disponible » est souvent motivée par un sens profond du devoir ou par un manque de remplaçants, plutôt que par un choix. Alors que 62 pour cent souhaitent ne pas être dérangés, 29 pour cent n’utilisent même pas de réponse automatique d’absence du bureau. Ce cycle de connectivité permanente peut nuire à la pérennité professionnelle à long terme.

Établir des limites professionnelles fermes

Pour lutter contre ce phénomène, les experts suggèrent d’établir des limites fermes. Le professeur Godderis souligne que le simple fait de répondre à un e-mail peut être perçu comme un signe de disponibilité tant par les clients que par les collaborateurs, ce qui crée des attentes irréalistes. Pour atténuer ce risque, il recommande de désigner un canal de communication unique réservé exclusivement aux véritables urgences.

Stratégies pour des congés équilibrés

Pour ceux qui recherchent des congés plus équilibrés, cinq stratégies sont recommandées :

  • Premièrement, établir des accords clairs avec les clients et le personnel concernant la gestion des dossiers spécifiques.
  • Deuxièmement, définir strictement ce qui constitue une « urgence » et limiter la communication à une seule plateforme, telle que WhatsApp, afin d’éviter le piège de la boîte de réception.
  • Troisièmement, reconnaissez que se déconnecter est un acte de leadership ; en prenant du recul, les managers donnent à leurs collaborateurs la permission d’en faire autant.
  • Quatrièmement, prévoyez une « journée tampon » à votre retour pour organiser vos tâches avant d’être à nouveau officiellement disponible.
  • Enfin, si une déconnexion totale est impossible, fixez des plages horaires courtes et fixes pour le travail afin de réserver le reste de la journée aux loisirs.

Méthodologie de l’étude

L’étude s’est appuyée sur un échantillon représentatif d’entrepreneurs belges, issus principalement des secteurs des services et des technologies, âgés de 36 à 65 ans. Les résultats reflètent un groupe diversifié de chefs d’entreprise, tant novices qu’expérimentés, répartis entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.

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