Les complices américains de Carlos Ghosn devraient être extradés au Japon, où ils craignent d’être ‘torturés’

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Seul un ultime recours devant la cour d’appel des États-Unis peut encore empêcher (ou retarder) l’extradition de Michael Taylor et de son fils Peter vers le Japon, où ils sont accusés d’avoir ‘permis l’évasion d’un criminel’, en l’occurrence l’ancien CEO de Renault-Nissan, Carlos Ghosn.

Michael Taylor, un ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans les missions privées, et son fils Peter sont en effet soupçonnés par les autorités nippones d’être les cerveaux de l’évasion rocambolesque qui a permis à Carlos Ghosn de se soustraire à la justice japonaise, en décembre 2019.

Emprisonnés aux États-Unis depuis le mois de mai, les deux hommes avaient failli être extradés dès octobre dernier, mais la procédure, validée par le département d’État américain, avait été suspendue in extremis grâce à un recours lancé devant une cour de Boston. Selon leurs avocats, les Taylor risquent d’être soumis à des formes de ‘torture’ une fois au Japon.

Torture?

Mais une juge fédérale américaine a confirmé jeudi l’extradition des deux hommes. ‘Même si les conditions carcérales au Japon pourraient être déplorables, et même si la procédure pénale à laquelle les Taylor seront soumis pourrait ne pas satisfaire le processus américain de diligence raisonnable’, les conditions japonaises ne constituent pas ‘une dure souffrance ou une dure souffrance mentale et physique telle qu’envisagée par les textes’, a indiqué Indira Talwani dans un arrêt cité par l’AFP.

Et la magistrate d’ajouter que les Taylor n’avaient pas établi ‘qu’il était plus probable qu’improbable qu’ils soient soumis à des tortures au Japon’ et que les États-Unis avaient ‘suffisamment établi que les actions que les Taylor auraient commises constituent un délit pouvant donner lieu à une extradition’.

Seul un ultime recours devant la cour d’appel des États-Unis peut désormais encore empêcher – ou en tout cas retarder – Michael et Peter Taylor d’être transférés vers Tokyo, où le parquet veut les juger pour avoir ‘permis l’évasion d’un criminel’, une charge qui pourrait leur valoir une lourde peine de prison ferme.

Une évasion rocambolesque

Selon leurs propres dires, confiés lors de plusieurs interviews, Michael et Peter Taylor ont effectivement aidé Carlos Ghosn à fuir le Japon, où l’ex-grand patron est accusé d’avoir commis plusieurs délits financiers.

Le 29 décembre 2019, les deux hommes, accompagnés d’un troisième complice, ont retrouvé Carlos Ghosn dans un grand hôtel de Tokyo, avant de l’escorter en train jusqu’à Osaka. Une fois là-bas, ils sont parvenus à faire embarquer l’ancien CEO à bord d’un jet privé en le dissimulant dans une grande malle, direction Istanbul, puis Beyrouth.

Pour leurs services, les deux hommes auraient été payés plus de 1,3 million de dollars, selon le parquet japonais.

Carlos Ghosn est actuellement toujours réfugié au Liban.

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