Principaux renseignements
- Les données issues des combats modernes révèlent que les chars lourds sont de plus en plus vulnérables aux drones et aux missiles.
- Les futurs modèles de blindés privilégient la réduction du poids, les tourelles sans pilote et les systèmes de protection active.
- Les véhicules de combat robotisés pourraient à terme remplacer les chars pilotés pour les percées à haut risque sur le champ de bataille.
La pertinence des chars de combat principaux dans les conflits modernes fait actuellement l’objet d’un examen minutieux, notamment au vu des données qui donnent à réfléchir et qui émergent d’Ukraine. Alors que les États-Unis prévoient de mettre en service un successeur au M1 Abrams d’ici le début des années 2030, un débat s’intensifie quant à savoir si les blindés lourds restent un investissement judicieux. Le M1, bien qu’il ait été fréquemment modernisé depuis sa création au milieu des années 1970, incarne une philosophie de la guerre qui pourrait désormais être obsolète.
Expérience en Ukraine
Les performances au combat en Ukraine ont mis en évidence de graves vulnérabilités. Une grande majorité de la flotte initiale d’Abrams américains a été perdue, capturée ou mise hors de combat. Des tendances similaires ont été observées avec le Leopard allemand et le Challenger 2 britannique.
Le Challenger 2, en particulier, a été confronté non seulement à des pertes au combat, mais aussi à des obstacles logistiques, tels que ses munitions non standard et ses exigences de maintenance complexes. Ces engins se sont révélés vulnérables aux mines terrestres, aux missiles antichars et, en particulier, aux drones FPV. De plus, leur poids considérable les rendait souvent immobilisés sur les terrains boueux.
Nouveaux modèles
Pour pallier ces lacunes, la prochaine version de l’Abrams privilégiera la réduction du poids et intégrera un système de propulsion hybride, bien que le recours aux batteries au lithium introduise de nouveaux risques. Elle sera équipée d’une tourelle sans pilote, d’un chargeur automatique — similaire aux modèles russes — et de systèmes de protection active (APS) intégrés.
Cependant, ces prototypes n’ayant pas encore été testés au combat, leur capacité de survie réelle reste théorique.
Évolution des rôles
Historiquement, les chars étaient conçus pour briser les lignes fortifiées et semer la terreur psychologique grâce à une combinaison de mobilité et de puissance de feu massive. S’ils restent essentiels pour les percées, leur rôle dans un éventuel conflit européen risque de s’amenuiser.
L’OTAN est confrontée à des cauchemars logistiques pour transporter des blindés lourds d’un continent à l’autre, tandis que la Russie a vu ses réserves et ses équipages expérimentés décimés, avec des pertes estimées entre 10 000 et 12 000 opérateurs.
Protection contre les drones
L’absence de systèmes de protection active a constitué une lacune critique. Alors que le système Trophy, de fabrication israélienne, affiche un taux de réussite élevé et fait l’objet d’une mise à niveau pour contrer les drones, la plupart des chars en Ukraine ne disposaient pas d’une telle technologie. La Russie a commencé à déployer le système Arena-M, mais celui-ci présente des limites, notamment l’impossibilité de recharger les munitions sur le terrain et la production d’éclats dangereux qui entravent la coordination de l’infanterie.
Étant donné qu’un char peut être neutralisé par une série de 10 à 20 frappes de drones, les tactiques traditionnelles ne suffisent plus.
L’essor de la guerre sans pilote
Le passage aux systèmes sans pilote semble inévitable. Les États-Unis étudient actuellement des véhicules de combat robotisés semi-autonomes destinés à effectuer des missions à haut risque telles que la reconnaissance et les assauts initiaux. Ces systèmes pourraient s’appuyer sur des logiciels de conduite autonome civils développés par des entreprises comme Tesla ou Waymo, même si le passage des routes goudronnées aux champs de bataille chaotiques constitue un obstacle de taille.
À mesure que l’intelligence artificielle et la technologie des capteurs progressent, la combinaison de plates-formes robotisées et de munitions vagabondes pourrait à terme remplacer le char lourd piloté par un homme comme force principale permettant de percer les lignes ennemies.(fc)
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