Principaux renseignements
- L’Ukraine intègre des véhicules terrestres sans pilote pour pallier une grave pénurie d’effectifs.
- La robotique domine désormais la « zone de combat » à haut risque afin de minimiser les pertes humaines.
- Les grandes puissances mondiales en matière de défense étudient la capacité supérieure de l’Ukraine à synchroniser ses réseaux de drones.
Pour pallier une pénurie critique d’effectifs par rapport aux forces russes, l’Ukraine intègre de plus en plus de véhicules terrestres sans pilote (UGV) dans sa stratégie militaire. Ces systèmes robotiques, qui vont des poseurs de mines aux plateformes armées, sont conçus pour minimiser les pertes humaines dans les zones à haut risque. Par exemple, à l’est de Donetsk, un robot équipé d’un lance-flammes a été utilisé pour repousser les troupes d’assaut russes, tandis que dans le sud, une mitrailleuse télécommandée a été acheminée par un drone naval pour dégager la flèche de Kinburn.
50 000 robots terrestres d’ici la fin de l’année
Le président Volodymyr Zelensky a souligné que les UGV sont désormais indispensables à une défense moderne, jouant un rôle dans les combats, l’évacuation des blessés et la logistique en première ligne. Le gouvernement ukrainien vise à produire 50 000 unités de ce type cette année pour soutenir son armée forte de 900 000 hommes, d’autant plus que le pays est confronté à des défis internes liés à la mobilisation militaire et à la conscription.
Robert Brovdi, chef des Forces des systèmes sans pilote, a souligné sur Bloomberg que ces machines sont vitales dans la « zone de combat » — la zone située dans un rayon de 25 kilomètres du front où la densité des drones rend la présence humaine extrêmement dangereuse.
Guerre asymétrique
Confrontée à un désavantage significatif en termes de population et d’envergure économique, l’Ukraine s’est tournée vers l’innovation technologique asymétrique. Alors que d’anciens responsables avaient défendu ce changement de cap, l’actuel commandant en chef, Mykhailo Drapatyi, continue de donner la priorité à la robotique pour obtenir un avantage tactique.
La Russie a suivi certaines de ces tendances, en améliorant ses drones de type iranien et en mettant au point un système de guidage par fibre optique pour contourner le brouillage des signaux. En conséquence, le conflit est passé de mouvements de troupes à grande échelle à une impasse caractérisée par une surveillance constante par drones et des frappes de précision.
Intérêt mondial
Cette évolution de la guerre attire l’attention mondiale, les membres de l’OTAN étudiant les avancées tactiques de l’Ukraine. Bien que l’adhésion de l’Ukraine à l’alliance reste incertaine, le pays renforce ses liens en matière de sécurité grâce à des partenariats de défense avec les États-Unis, les Pays-Bas et l’Arabie saoudite. Les responsables américains ont notamment salué le réseau intégré de drones ukrainiens pour sa capacité supérieure à synchroniser les capteurs et les plates-formes d’armes par rapport aux systèmes américains.
Malgré ces succès, les experts du secteur soulignent que les robots ne peuvent pas remplacer entièrement les soldats humains. Taras Ostapchuk, de Ratel Robotics, affirme que les véhicules terrestres sans pilote (UGV) sont des outils destinés à assister l’infanterie en transportant des ravitaillements et des munitions, et non des substituts à celle-ci. Néanmoins, le rythme de production s’accélère rapidement. Des entreprises comme Tencore, qui ont démarré dans de petits garages, produisent désormais des milliers d’unités capables d’effectuer des tâches complexes, telles que le déploiement de grandes quantités de mines antichars, ce qui marque un changement fondamental dans la manière dont la guerre est menée. (fc)
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