Principaux renseignements
- Six grandes entreprises pétrolières et gazières prévoient que leurs bénéfices annuels vont grimper en flèche pour atteindre 147 milliards de dollars (129 milliards d’euros).
- Ces géants prévoient d’augmenter leur production de carburant de 14 pour cent d’ici 2030, malgré la crise climatique.
- Les pays européens réclament des taxes sur les bénéfices exceptionnels plus élevées afin de compenser la flambée des coûts énergétiques pour les citoyens.
Selon une récente évaluation d’Oxfam Novib, les six principales entreprises mondiales du secteur pétrolier et gazier — notamment Exxon, Shell, BP, Chevron, TotalEnergies et ENI — enregistrent une hausse spectaculaire de leurs bénéfices. Les prévisions indiquent que leurs bénéfices nets pour le deuxième trimestre de cette année vont presque doubler, passant de 23 milliards de dollars (20 milliards d’euros) au trimestre précédent à 45 milliards de dollars (40 milliards d’euros).
Une croissance vertigineuse dans les prévisions annuelles
Les prévisions annuelles actualisées de l’organisation font état d’une hausse encore plus marquée. Alors qu’un rapport publié en avril estimait les gains annuels totaux à 93 milliards de dollars, les nouveaux chiffres laissent entrevoir un bond à 147 milliards de dollars.
Cela se traduit par des recettes financières vertigineuses d’environ 17 millions de dollars (près de 15 millions d’euros) par heure, soit environ 4 660 dollars (4 090 euros) par seconde.
Incendies de forêt et vagues de chaleur
Winne van Woerden, spécialiste du développement durable et de la nouvelle économie chez Oxfam Novib, a critiqué cette course au profit. Van Woerden a souligné que, tandis que ces entreprises prospèrent, des millions de personnes souffrent de l’inflation, de la flambée des coûts énergétiques et de phénomènes climatiques extrêmes tels que les feux de forêt et les vagues de chaleur, qui sont des conséquences directes de la dépendance aux énergies fossiles.
Malgré la crise environnementale, ces six géants du secteur ont l’intention d’étendre leurs activités. D’ici 2030, ils visent à augmenter la production de gaz et de pétrole de 14 pour cent par rapport aux niveaux de 2024, ce qui se traduirait par 2,5 millions de barils de pétrole supplémentaires.
Appels en faveur d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels
En réponse à ces bénéfices exceptionnels, plusieurs pays européens — dont l’Autriche, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne — plaident en faveur d’une taxation plus élevée de ces profits excessifs. Alors que les Pays-Bas ont mis en place une taxation similaire lors de la crise énergétique de 2022, générant 3,2 milliards d’euros pour l’État, ils n’ont pas encore rejoint le mouvement actuel en faveur d’une augmentation des prélèvements. (fc)
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