Principaux renseignements
- Les adolescents belges sont plus souvent victimes de fraudes aux paiements que les adultes plus âgés.
- Un excès de confiance et la confiance accordée aux influenceurs masquent des lacunes importantes en matière de sécurité numérique.
- La honte et la méconnaissance des services d’urgence empêchent les jeunes de signaler les fraudes.
Des données récentes de la société Bancontact remettent en cause l’idée reçue selon laquelle seules les personnes âgées seraient la cible d’escroqueries liées aux paiements. Les résultats indiquent que les adolescents belges sont étonnamment vulnérables à la fraude, ayant souvent une perception faussée de leur propre capacité à repérer les tactiques trompeuses. Alors qu’une majorité d’adolescents pensent pouvoir identifier les escroqueries, leurs réactions réelles dans des scénarios dangereux simulés sont nettement moins fiables que celles des adultes plus âgés.
Adolescents face aux dangers du monde numérique
L’univers numérique fait partie intégrante de la vie des adolescents : 59 pour cent de ceux qui possèdent une carte bancaire effectuent déjà des achats en ligne. Cependant, cette adoption précoce comporte des risques. Une grande partie de cette tranche d’âge a déjà été confrontée à des messages suspects, et nombreux sont ceux qui admettent avoir cliqué sur des liens malveillants avant de se rendre compte du danger.
Cette vulnérabilité est mise en évidence par des tests spécifiques : par exemple, seule la moitié des 12-17 ans réagit correctement face à un faux appel bancaire demandant un code SMS. Le fossé est encore plus frappant en matière de reconnaissance des escroqueries par code QR et par e-mail, où les générations plus âgées ont obtenu de bien meilleurs résultats que les adolescents.
Influence des pairs et des influenceurs
L’un des principaux facteurs à l’origine de cette vulnérabilité est la confiance mal placée que les jeunes accordent à leurs cercles sociaux et aux personnalités numériques. Une grande majorité d’entre eux n’ignorerait pas un lien suspect s’il semblait provenir d’un ami, et beaucoup font bien davantage confiance aux recommandations des influenceurs que les adultes.
De plus, l’attrait des remises importantes l’emporte souvent sur la prudence, en particulier chez les jeunes francophones, qui ont davantage tendance à cliquer sur des offres impulsives ou à effectuer des achats sur des sites web inconnus.
Obstacles après une fraude
Au-delà de l’arnaque initiale, des barrières émotionnelles empêchent le rétablissement et l’apprentissage. De nombreux adolescents ont trop honte pour en parler à leurs parents s’ils perdent de l’argent, un sentiment encore plus répandu chez les jeunes francophones.
Ce silence est aggravé par la fausse croyance selon laquelle les banques peuvent détecter automatiquement toutes les tentatives d’hameçonnage, ce qui conduit certains à négliger les précautions de sécurité élémentaires. De plus, la connaissance des services d’urgence tels que Card Stop est alarmantement faible chez les jeunes par rapport aux adultes.
Besoin d’informations
Nathalie Vandepeute, PDG de Bancontact Company, reconnaît ces lacunes et souligne que, si la sécurité technique est certes essentielle, le facteur humain constitue actuellement le maillon faible.
Comme les fraudeurs misent aujourd’hui sur la manipulation psychologique et l’abus de confiance, l’entreprise lance des initiatives de sensibilisation. Ces projets visent à doter les jeunes consommateurs des compétences et des réflexes nécessaires pour se protéger.
Ce besoin d’accompagnement est confirmé par les jeunes eux-mêmes : 88 pour cent d’entre eux indiquent qu’ils devraient bénéficier de conseils officiels ou d’une formation lorsqu’ils adoptent un moyen de paiement pour la première fois.
(at)
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