Les 4 risques qui menacent l’économie pour la prochaine décennie

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EPA

Dans une note envoyée à ses clients, la banque d’affaires française Natixis pointe les quatre principaux risques qui planent au-dessus des économies de l’OCDE lors de la décennie à venir.

Les conséquences politiques de la lutte en faveur du climat

Citoyens et parlements exigeront de plus en plus d’actions pour réduire les émissions de CO2. On parle d’une réduction de 4 à 5% par an. Ce qui implique certaines conséquences.

  • Le PIB diminue à mesure que les émissions de CO2 diminuent.
  • Il faudra investir massivement dans les énergies renouvelables. Les technologies devront être mises en œuvre plus rapidement.
  • Risque d’une suppression des capitaux qui ne seront plus utilisés. A l’instar des usines de camions-citernes, des centrales au charbon, etc. Le tableau ci-dessous ne prend en compte que le capital qui risque d’être perdu dans le secteur énergétique.

La polarisation du marché de l’emploi

Les emplois occupés par la classe moyenne seront de plus en plus rares. Le marché du travail risque d’être divisé entre les emplois de haute-technologie (finance, gestions, tech, etc.), occupés par des travailleurs hautement instruits, et un grand nombre d’emplois manuels et de service. En résultera davantage d’inégalités, une réduction de la mobilité sociale et le risque d’une radicalisation sociale et politique croissante.

Le graphique ci-dessous montre comment les emplois ont diminué de 20 à 25% dans le secteur de la production au cours des 20 dernières années. Dans un même temps, le nombre d’emplois dans le secteur des TIC (Technologies de l’information et de la communication) et des services a augmenté. Le problème ne réside pas tant dans la disparition d’emplois que dans la faible rémunération des travailleurs peu qualifiés.

La croissance de la dette

L’endettement croissant rend impossible la normalisation des taux d’intéret. Ce cas de figure conduirait à une cascade de faillites, tant pour les entreprises que pour les gouvernements. Le graphique ci-dessous montre que l’endettement total des pays de l’OCDE s’élève actuellement à environ 280% du PIB.

L’argent quasi gratuit reste principalement confiné dans deux endroits :

  • Les marchés boursiers, qui connaissent une croissance quasi ininterrompue depuis une dizaine d’années.
  • Le secteur de l’immobilier a connu, depuis 2010, une hausse similaire à celle des bourses des pays de l’OCDE, tant pour l’immobilier résidentiel que commercial. Une nouvelle hausse des prix ne fera qu’accroître les tensions sociales qui existent aujourd’hui. Les jeunes et la classe moyenne ont de plus en plus de difficultés à devenir propriétaires.

Le risque d’un ralentissement de la croissance chinoise

Le Chine connaît aussi une série de problèmes structurels qui pourraient entraîner un ralentissement de sa croissance. Cela affecterait les économies des pays de l’OCDE.

Au cours de 18 derniers mois, il y a déjà eu une baisse bien marquée des ventes automobiles et de biens d’équipement au Canada.

La Chine, comme le Japon et de nombreux pays occidentaux, font face à un problème démographique. En cause, la politique chinoise de l’enfant unique menée pendant des décennies. Le graphique ci-dessous montre comment la population active âgée de 20 à 59 ans continue de diminuer. Cette tendance hypothèque la croissance économique.

  • Enfin, la croissance économique du pays a presqu’été entièrement financée par de nouvelles dettes. Le graphique ci-dessous montre la dette totale en pourcentage de PIB. Ces derniers mois, on compte de plus en plus de faillites d’entreprises et de banques.