L’élite russe craint une nouvelle mobilisation alors que Poutine souhaite mobiliser 300 000 soldats supplémentaires


Principaux renseignements

  • Les élites russes fuient le pays pour échapper à une éventuelle nouvelle conscription.
  • Le président russe Vladimir Poutine prévoit une mobilisation « silencieuse » qui s’appuiera sur les registres numériques pour empêcher les conscrits de quitter le pays.
  • De graves pénuries d’effectifs et des taux d’attrition élevés entravent les avancées territoriales de la Russie en Ukraine.

Au sein de la classe dirigeante russe et des cercles proches du Kremlin, l’inquiétude grandit quant à la possibilité d’un nouveau service militaire obligatoire après les élections à la Douma. Selon un rapport de Bloomberg, cette inquiétude a entraîné une ruée silencieuse parmi l’élite russe pour transférer ses avoirs et ses proches à l’étranger. Des documents divulgués révèlent que des fonctionnaires et des responsables du recrutement encouragent activement leur entourage proche à quitter le pays et à ouvrir des comptes bancaires offshore.

Mobilisation silencieuse

Cette nervosité est encore renforcée par la récente décision de Poutine de réduire de 15 pour cent la bureaucratie régionale afin de remédier aux déficits budgétaires. Des initiés craignent que ces fonctionnaires licenciés ne deviennent la cible d’un service militaire obligatoire. Des sources européennes spécialisées dans les questions de sécurité indiquent que le Kremlin prévoit de déployer 300 000 hommes supplémentaires en Ukraine. Afin d’éviter les troubles sociaux et les migrations massives observés lors de la mobilisation partielle de 2022, la Russie devrait recourir à un service militaire « silencieux ». Cette stratégie repose sur un nouveau registre numérique relié aux bases de données fiscales, médicales et frontalières. Elle rend immédiatement impossible pour un conscrit de quitter le pays dès qu’une convocation électronique a été émise.

Crise des effectifs et taux d’attrition

La nécessité de renforcer les effectifs découle d’une pénurie critique de personnel et de taux de pertes élevés. Des rapports indiquent que le nombre de victimes au front pourrait atteindre 1 000 soldats par semaine. Bien que Poutine s’en tienne à son objectif de conquérir les régions de Donetsk et de Louhansk, l’armée peine à trouver des recrues qualifiées. Malgré l’offre de primes d’enrôlement pouvant atteindre 1,8 million de roubles (18 600 euros), le nombre de volontaires diminue. Les données de l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité montrent une baisse du nombre de contrats signés au cours du premier semestre de cette année par rapport à l’année dernière.

Offensive au point mort

Ces pénuries d’effectifs ont ralenti l’avancée territoriale. Des analyses montrent que les gains russes lors de l’offensive estivale ont été nettement inférieurs à ceux enregistrés un an plus tôt. Cela semblerait indiquer que l’armée ne dispose pas de la densité de troupes nécessaire pour réaliser une percée décisive. Selon les experts, une mobilisation est indispensable si le Kremlin a l’intention de sécuriser les frontières du Donbass dans les six prochains mois.

Répartition inégale de la conscription

Certains éléments indiquent que la charge du recrutement sera répartie de manière inégale. Selon certains experts, le Kremlin pourrait se concentrer sur les régions qui ont manifesté le plus fort soutien à Poutine lors des élections. Le gouvernement considère d’ailleurs que l’efficacité administrative en matière de vote est un indicateur de la capacité à exécuter les ordres de service militaire.

Recrutement clandestin

Actuellement, l’État recourt au « recrutement clandestin », exerçant une pression extrême sur les administrateurs locaux pour qu’ils respectent les quotas. Dans de nombreuses régions, les responsables municipaux se voient déjà infliger des amendes pour ne pas avoir réussi à attirer suffisamment de soldats sous contrat. Ce désespoir a conduit à des tactiques contraires à l’éthique, telles que la tentative de conscription d’orphelins dans certaines provinces. Afin de faire respecter davantage ces quotas, la Douma d’État envisage une législation visant à alourdir les sanctions financières et à instaurer des suspensions de longue durée pour les fonctionnaires qui ne parviennent pas à atteindre les objectifs de recrutement militaire. (ev)

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