Principaux renseignements
- L’économie de la zone euro s’est contractée pour la première fois depuis plus d’un an en raison de l’impact de la guerre en Iran sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
- Les pressions inflationnistes se sont intensifiées dans l’ensemble de la zone euro, sous l’effet de la flambée des coûts des intrants et de prix de vente atteignant des niveaux records.
- La Banque centrale européenne (BCE) doit prendre une décision difficile. Une hausse des taux d’intérêt pourrait freiner l’inflation, mais mettre la croissance économique sous pression.
L’économie de la zone euro a connu une contraction pour la première fois depuis plus d’un an au mois d’avril. Ce recul est attribué à l’impact persistant de la guerre en Iran, qui a entraîné une flambée des prix de l’énergie et des perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement.
Des défis économiques qui s’aggravent
Les données d’un indice composite flash des directeurs d’achat ont révélé que l’activité dans les secteurs manufacturier et des services de la zone euro a chuté à 48,6 en avril, contre 50,7 en mars. C’est la première fois en seize mois que l’indice passe sous le seuil crucial des 50 points, indiquant un passage de la croissance à la contraction.
Les économistes mettent en garde contre l’aggravation des défis économiques pour la zone euro en raison du conflit en cours. Les pénuries d’approvisionnement se généralisent et menacent de freiner davantage la croissance tout en faisant grimper les prix.
Contraction dans les grandes économies
Le recul a été particulièrement marqué en Allemagne et en France, les deux plus grandes économies de la zone euro. Ces deux pays ont connu des baisses significatives de l’activité dans le secteur des services. L’Allemagne a vu son activité globale reculer pour la première fois en près d’un an, tandis que la France a enregistré son rythme de contraction le plus rapide en quatorze mois.
À ces préoccupations s’ajoute l’intensification des pressions inflationnistes dans l’ensemble de la zone euro. Les coûts des intrants ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis 2022, et les prix de vente ont atteint leur plus haut niveau en plus de trois ans.
Une décision difficile pour la BCE
Cette flambée des pressions sur les coûts est sans précédent dans l’histoire récente, si l’on exclut la pandémie de COVID-19. La Banque centrale européenne est désormais confrontée à une décision difficile concernant les hausses de taux d’intérêt visant à freiner l’inflation, d’autant plus que sa prochaine réunion est prévue le 30 avril.
Ces développements coïncident avec des inquiétudes croissantes concernant l’impact néfaste de la guerre en Iran sur l’économie européenne déjà fragile. L’Allemagne a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, passant de 1 pour cent à 0,5 pour cent, et la confiance des consommateurs dans la zone euro a chuté à son plus bas niveau depuis décembre 2022.
Risque d’escalade
La possibilité d’une nouvelle escalade du conflit vient encore exacerber ces inquiétudes. Les événements récents, notamment la saisie par l’Iran de deux porte-conteneurs qui tentaient de quitter le détroit d’Ormuz et l’absence de négociations prévues entre Téhéran et Washington, laissent présager un risque accru de nouvelles tensions.
Les dirigeants de l’UE doivent discuter des répercussions économiques de la guerre en Iran lors d’un sommet informel à Chypre plus tard dans la journée de jeudi. (fc)
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