Principaux renseignements
- La crise énergétique provoquée par l’Iran a exacerbé la concurrence entre l’Inde et la Chine pour le pétrole brut russe.
- L’Inde, vulnérable en raison de ses faibles stocks et de sa forte dépendance au pétrole brut du Moyen-Orient, cherche activement à s’approvisionner en pétrole russe pour assurer sa sécurité énergétique.
- Bien que disposant de stocks plus importants, la Chine cherche également à s’assurer un approvisionnement régulier en pétrole russe pour soutenir ses industries d’exportation et renforcer ses réserves stratégiques.
Le conflit impliquant l’Iran a intensifié la concurrence entre l’Inde et la Chine pour le pétrole brut russe alors que l’offre mondiale se resserre.
Sources alternatives
Les deux nations sont confrontées à des perturbations de leurs sources d’énergie habituelles. Les attaques iraniennes contre les infrastructures du Moyen-Orient ont réduit les livraisons de pétrole en provenance des pays du Golfe, augmentant ainsi la demande pour des alternatives telles que le brut russe. Cette situation est exacerbée par l’enlisement des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran, ce qui restreint encore davantage la disponibilité du pétrole iranien.
Si une récente dérogation américaine autorise des achats limités de pétrole russe sanctionné en mer, elle n’allège pas les sanctions sur le brut iranien, qui est principalement acheminé vers la Chine.
Vulnérabilité et résilience
L’Inde, fortement dépendante du brut du Moyen-Orient et disposant de stocks moins importants que la Chine, est particulièrement vulnérable à ces perturbations. Ses importations totales de pétrole ont chuté de manière significative en mars. Malgré cela, le gouvernement indien a choisi de ne pas augmenter les prix à la pompe, maintenant ainsi la demande intérieure en essence et en diesel.
La Chine, bien que dépendante du détroit d’Ormuz pour une part substantielle de ses importations de brut, dispose de stocks de pétrole plus importants, capables de couvrir ses besoins pendant plusieurs mois. Elle a toutefois besoin d’un approvisionnement régulier en brut pour soutenir ses industries d’exportation et son secteur pétrochimique, ainsi que pour renforcer ses réserves stratégiques au cas où le conflit perdurerait.
L’essor du brut russe
Cette situation a conduit l’Inde et la Chine à se tourner massivement vers le brut russe. La dépendance de l’Inde vis-à-vis du pétrole russe a bondi en mars, atteignant près de la moitié de ses importations totales de brut. Cette augmentation fait suite à une période durant laquelle l’Inde avait réduit ses achats de pétrole russe en raison des sanctions américaines. Cependant, le conflit iranien a inversé cette tendance, rendant le brut russe crucial pour la sécurité énergétique de l’Inde.
La Chine s’est également tournée vers la Russie pour combler le vide laissé par la réduction des approvisionnements iraniens. Alors que les deux nations se disputent ces barils russes limités, les entreprises publiques chinoises font face à une concurrence acharnée de la part des acheteurs indiens.
Évolution de la dynamique
Avant le conflit iranien, l’Inde avait progressivement remplacé le pétrole russe par du brut saoudien. Cependant, une grande partie de l’approvisionnement de l’Arabie saoudite est destinée à la Chine en raison de ses investissements dans des raffineries de la région.
Alors que le conflit se poursuit, les experts prévoient que la disponibilité de l’approvisionnement deviendra une préoccupation plus pressante que le prix. (fc)
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