Le troisième jour du sommet européen démarre sans l’ombre d’un accord

Le président du Conseil européen, Charles Michel. (EPA)

Le sommet européen sur le plan de relance se prolonge sur un troisième jour, les États membres n’ayant pas encore trouvé d’accord. Les dernières discussions de samedi soir se sont révélées très difficiles. De profondes divergences sont toujours présentes malgré les propositions d’accords faites plus tôt dans la journée.

Le président du Conseil, Charles Michel a réuni samedi soir un petit comité composé des deux principaux camps dans les discussions sur le plan de relance. D’un côté se trouvaient la chancelière allemande, Angela Merkel et le président français, Emmanuel Macron, qui soutiennent à 100% le plan. De l’autre, les chefs d’État du groupe des ‘frugaux’ (Pays-Bas, Autriche, Danemark et Suède), accompagné de la Finlande, qui s’y opposent en l’état.

Nouvelles propositions

La proposition initiale est un important fonds de relance de 750 milliards d’euros, dont 500 milliards de subsides et 250 milliards de prêts. Les subsides seraient alors payés par l’ensemble des États membres. Le groupe des ‘frugaux’ se montre très réticent sur ce plan de solidarité.

Une proposition faite hier propose une nouvelle répartition : 450 milliards de subsides et 300 milliards de prêts. L’Allemagne et la France refusent de descendre en dessous de la ligne des 400 milliards pour les subsides. En outre, certains des pays qui donnent plus que ce qu’ils reçoivent recevront un plus grand rabais sur leur participation au budget européen. L’Autriche, la Suède et le Danemark y auraient droit, mais pas les Pays-Bas.

Mais cela n’est pas suffisant pour les ‘frugaux’. Ils demandent aussi que les plans nationaux de relance soient votés à l’unanimité par le groupe des 27 de l’UE. N’importe quel pays pourrait alors mettre un veto sur la politique financière d’un membre de l’Union. Charles Michel a proposé un mécanisme qui permet à un pays qui a des réserves sur le plan national de relance d’un autre État puisse demander l’ouverture d’un débat à 27, soit au Conseil européen, soit en réunion avec les ministres des Finances, pour en discuter.

Au vu de ces nouvelles propositions, le président du Conseil espérait un pas en avant de la part des ‘frugaux’ lors de la réunion samedi soir en comité fermé. Il n’en a rien été. Le sommet reprend donc ce dimanche midi. Les 27 devront aussi discuter de la possibilité de lier les subsides au respect de l’État de droit, qui contraindrait la Pologne et la Hongrie dans leurs réformes très controversées.