Le Trésor américain annonce un emprunt astronomique record

Steven Mnuchin. – Isopix

Le Trésor américain a annoncé lundi qu’il allait emprunter la somme record de 2.999 milliards de dollars par le biais d’émissions d’obligations au 2e trimestre, essentiellement pour financer le plan de relance de l’économie paralysée par la pandémie.

Trois mille milliards de dollars, c’est cinq fois plus que le précédent record trimestriel établi lors de la crise financière de 2008. Ce montant dépasse également de très loin ce que l’État fédéral emprunte en général au cours d’une année entière. À titre de comparaison lors de l’exercice budgétaire de l’année dernière, clos le 30 septembre, le Trésor a emprunté 1.280 milliards de dollars.

Au troisième trimestre de cette année, de juillet à fin septembre, le Trésor américain devrait encore emprunter  677 milliards de dollars supplémentaires.

Un plan d’aide équivalant à 10% du PIB

Ce bond ‘est principalement dû à l’impact de l’épidémie de Covid-19, y compris les dépenses de la nouvelles législation d’aide aux ménages et aux entreprises’, précise le Trésor dans un communiqué.

La pandémie de coronavirus a durement touché l’économie américaine et elle oblige le gouvernement à dépenser massivement. Un important programme d’aide de 2.700 milliards de dollars a déjà été approuvé, ce qui correspond à plus de 10% du PIB des États-Unis. En parallèle, les recettes fiscales sont en forte baisse, en partie parce que les entreprises ont obtenu des reports de paiement, précise encore le ministère.

Une dette publique toujours plus colossale

Pendant ce temps, la dette publique américaine s’envole toujours plus haut, à près de 25.000 milliards de dollars. Mais comme les obligations américaines sont considérées par les investisseurs comme parmi les plus sûres du monde, le Trésor US ne s’attend à aucun problème particulier.

Avant même la pandémie de coronavirus, la dette des États-Unis avait déjà atteint un niveau considéré par les économistes comme risqué. Le président Donald Trump relativise toutefois cette situation et met invariablement en avant des taux d’intérêt historiquement bas. Selon lui, cet argent bon marché peut être utilisé pour investir dans les infrastructures.