Le rush des fêtes de fin d’année est passé: à quoi s’attendre pour les chaines d’approvisionnement?

Traditionnellement, le début d’année est synonyme d’accalmie pour les chaines d’approvisionnement mondiales, après le rush des fêtes. Les prévisions pour 2022 sont cependant plus pessimistes, notamment en raison du variant omicron. Un retour à la normale est-il possible avant 2023?

La nouvelle année est habituellement synonyme d’accalmie, après des mois plus tendus à l’approche des fêtes de fin d’année. La fin d’année 2021 a été un casse-tête pour remplir les magasins, physiques comme virtuels, à cause de pénuries de certains produits. D’aucuns s’y sont pris en avance pour mieux gérer la situation, et le pic de la pression sur les chaines semble avoir été atteint en novembre, comme les autres années.

La Banque centrale de l’Etat New York a développé un outil qui suit la pression sur les chaines d’approvisionnement mondiales. Pour les mois d’octobre et de novembre, cet indice a connu une petite chute, qui indiquerait que le pic soit dépassé : « L’indice semble suggérer que les pressions sur les chaîne d’approvisionnement mondiales, bien qu’elles soient encore historiquement élevées, ont atteint un sommet et pourraient commencer à s’atténuer quelque peu à l’avenir », expliquent les chercheurs de l’institution, cités par CNN.

Malgré une légère baisse de pression entre octobre et novembre, la pression reste haute sur les chaines d’approvisionnement. copyright: CNN.

Omicron?

Ce constat n’est cependant pas partagé par tout le monde. D’autres analystes estiment que la situation ne va pas changer en 2022, du moins pas de manière considérable. Ils indiquent le variant omicron comme une menace qui peut continuer à perturber les chaines d’approvisionnement. D’un côté, sa dangerosité ne semble pas encore tout à fait cernée, et d’un autre côté, des pays asiatiques, notamment la Chine, confinent rapidement des zones entières.

Les contaminations qui augmentent en flèche et battent des records journaliers après deux ans de pandémie empêchent les travailleurs des ports et zones de transit de se rendre au travail (et c’est pour cette raison que de nombreux gouvernements occidentaux revoient leurs politiques de quarantaines). En parallèle, les confinements locaux empêchent l’activité des manufactures. Les deux bouts de la chaîne pourraient donc rester impactés.

« En plus de cela, nous voyons des pénuries de main-d’oeuvre sur toute la chaine », ajoute Martin Dixon, de la société de consultance Drewry.

Nouvel An chinois

En parlant d’accalmie de début d’année, il faut tout de même tenir compte du Nouvel An chinois qui a lieu en janvier ou février. Cette festivité met tous les ans une certaine pression sur la chaine, car les entreprises occidentales vont vouloir commander leurs marchandises avant que les usines chinoises ferment pendant quelques jours.

Judah Levine, chercheur pour le groupe Freightos, explique que les prix du conteneur de 40 pieds, d’Asie à la côte Ouest des Etats-Unis, ont baissé de 25% en novembre, après la haute saison, et sont restés à ce niveau depuis lors. Mais à l’approche du Nouvel An chinois, ayant lieu le premier février cette année, les prix remontent.

Selon la société Drewry, le prix du conteneur de Shanghai à Los Angeles a gagné 3% en une semaine. Il coûte désormais 10.221 dollars. Pour Levine, les prix ne vont cependant pas remonter jusqu’aux niveaux d’avant les fêtes, période considérée comme haute saison. Mais les prix resteront tout de même élevés, « tant que la demande reste forte et que les ports continuent à lutter contre la congestion », explique-t-il.

Pas avant 2023?

La date que Levine avance est 2023, pour un retour à la normale : omicron et la demande forte continueront à faire pression sur les chaines d’approvisionnement, ainsi que sur les prix.

Les constructeurs de voitures sont également touchés par la crise, notamment par la pénurie de puces. « La pénurie nous accompagnera également en 2022, notamment au cours du premier semestre. Nous ne prévoyons pas d’augmentation significative des capacités de production au cours du premier semestre », explique Markus Schaefer, chef de la technologie chez Mercedes-Benz.

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