Le prince de Croÿ et ses riches clients dans le collimateur du fisc

Le prince belge Henri de Croÿ (by Jellypages)

Le fisc a ouvert une enquête sur les obscurs déplacements d’argent des clients belges fortunés du prince de Croÿ.

Depuis juin dernier, le prince belge Henri de Croÿ est au cœur d’un scandale de dissimulation d’argent. Il aurait aidé ses riches clients belges et français à cacher leur fortune dans des paradis fiscaux.

Une enquête a été ouverte par le parquet fédéral en septembre dernier. Maintenant, c’est au tour de l’Inspection spéciale des impôts (ISI) de se pencher sur leur cas, annonce L’Echo, ce vendredi. Le ministre des Finances Alexandre de Croo (Open VLD) a confirmé l’information: l’ISI monte des dossiers sur les contribuables belges incriminés dans l’affaire. Le fisc aurait accès à 128 Go de données venant des justices française et belge. A titre de comparaison, les journaux l’Echo et De Tijd n’en avaient que 2,2 Go lorsqu’ils ont divulgués l’affaire. Plus d’une centaines de Belges seraient impliqués dans cette affaire et risque donc d’être poursuivis.

Retour sur les faits

L’affaire nommée ‘Dubaï Papers’ a été dévoilées par la presse française et belge à la mi-2019. Elle mettait le prince de Croÿ au centre d’une organisation de dissimulation d’argent, au travers de son cabinet Hellin, aux Emirats arabe unis. Des membres de la noblesse, des chefs d’entreprise et d’autres riches Français et Belges faisaient appel à lui pour dissimuler une partie de leur fortune. A l’aide d’hommes de paille, l’argent était placé dans des paradis fiscaux, via diverses sociétés fantômes. Les clients n’avaient ensuite qu’à demander pour récupérer en cash ou via des cartes de crédit anonymes une partie de leur placement. De son côté, le prince Henri de Croÿ prenait une commission sur chaque transaction effectuée.

Les justices belge et française se sont ensuite emparée de l’affaire. Leur but premier: mettre la main sur les documents prouvant l’entreprise frauduleuse. Maintenant que c’est chose faite, il reste à monter des dossiers en béton sur les clients.

Le prince de Croÿ a déjà été acquitté dans une affaire de fraude fiscale, dans les années 1990. Ses avocats avaient martelé à l’époque que leur client n’avait rien fait d’illégal et qu’il ne s’agissait que d’optimisation fiscale.

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