Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford restera hors service bien plus longtemps en raison de problèmes techniques


Principaux renseignements

  • Le porte-avions américain USS Gerald R. Ford ne devrait pas reprendre du service avant fin 2027.
  • De graves défauts de conception empêchent le navire d’accueillir des avions F-35C.
  • La pénurie de main-d’œuvre et les coûts colossaux paralysent la préparation opérationnelle de la flotte navale américaine.

L’USS Gerald R. Ford, un porte-avions à propulsion nucléaire représentant un investissement de 13 milliards de dollars, ne devrait pas reprendre du service avant la fin de l’année 2027. Bien que la Marine américaine ait évoqué une remise en service début 2027, les analystes du secteur estiment que ce calendrier est trop optimiste.

Le navire est actuellement en réparation au chantier naval de Norfolk après un déploiement éprouvant de 326 jours, qui a notamment comporté des missions de haute intensité au Venezuela et au Moyen-Orient.

Défaillances techniques

La récente période de service du porte-avions a été entachée par d’importantes défaillances techniques et des accidents. Le navire a subi un incendie dans la buanderie qui a endommagé les quartiers de l’équipage et a connu une panne critique de son système sophistiqué d’assainissement sous vide.

L’entretien de ce système de plomberie est particulièrement coûteux. Un seul « rinçage à l’acide » coûtant 400 000 dollars aux contribuables. Ces incidents mettent en évidence la pression exercée sur les machines navales complexes lors d’opérations prolongées et à un rythme soutenu.

Crises dans les chantiers navals

Les charges financières liées au CVN-78 sont colossales. Outre les coûts initiaux de construction, les opérations de base annuelles nécessitent 1 milliard de dollars (870 millions d’euros). Les dépenses quotidiennes varient de 2,5 millions de dollars (2,2 millions d’euros) pour l’entretien courant à pas moins de 8 millions de dollars (7 millions d’euros) lorsque le groupe aéronaval d’attaque opère à pleine capacité.

Le processus de réparation actuel est compliqué par une crise plus générale au sein des chantiers navals et par une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Pour remédier aux dommages, la Marine a conclu un contrat de 17,6 millions de dollars avec des prestataires privés, valable jusqu’en mars 2027. Outre la réparation de l’usure liée aux déploiements, les techniciens doivent moderniser les mécanismes de lancement et de récupération du navire ainsi que ses réseaux électriques.

Défauts de conception

Même après avoir quitté le chantier naval, le navire doit encore parcourir un long chemin avant d’être opérationnel. Il doit subir des essais en mer approfondis et l’équipage doit être recertifié.

Plus grave encore, la Marine doit résoudre un défaut de conception fondamental : le revêtement du pont d’envol ne résiste pas à la chaleur extrême produite par les moteurs du F-35C Lightning II. Le pont fondant lors des décollages, le porte-avions est actuellement incompatible avec l’avion même pour lequel il a été conçu.

Conséquences importantes

Ces retards cumulés reflètent une situation précaire pour la flotte américaine. Alors que d’autres porte-avions sont poussés à leurs limites en raison de pénuries de main-d’œuvre et de retards dans les chantiers navals, la Marine a de plus en plus de mal à entretenir et à déployer simultanément plusieurs porte-avions. (fc)

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