Le pétrole coûte 50% plus cher qu’en novembre: voici pourquoi

AP Photo/Sue Ogrocki

Le prix du pétrole Brent a atteint les 60 dollars par baril. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis un an. Les trois derniers mois ont été cruciaux: depuis novembre, son prix a augmenté de plus de 50%.Les vaccins, la reprise économique en Asie, mais aussi les nombreuses commandes en ligne en sont les principales causes.

Le cours du pétrole est généralement l’un des principaux indicateurs sur l’état de l’économie. Au début de la pandémie de Covid-19, il y a maintenant un an, les prix ont chuté d’un coup. Le cours du pétrole américain WTI est même descendu en dessous de zéro en avril dernier. L’économie était totalement à l’arrêt.

Mais en ce début février, les cours du pétrole ont atteint les niveaux prépandémiques. Le Brent comme le WTI s’échangent à près de 60 dollars le baril. Et cela s’explique par différentes raisons.

L’espoir des vaccins

Premièrement, la vaccination qui a commencé dans de nombreux pays du monde laisse entrevoir la fin de la crise. De nombreuses questions se posent encore sur l’efficacité à long terme des vaccins. Mais les économistes espèrent que cela permettra de rouvrir l’économie et de relancer le tourisme.

Aujourd’hui encore, le secteur du voyage est très fortement impacté par la pandémie. Le trafic aérien a baissé de 70% par rapport à l’année dernière. L’aviation fait pourtant partie des grands clients des sociétés pétrolières. Le retour des voyageurs, notamment grâce à un passeport vaccinal, est l’un des grands espoirs du secteur.

La reprise en Asie

Depuis plusieurs mois, l’Asie reprend doucement un rythme économique soutenu. La Chine, Taïwan ou encore le Vietnam ont connu une croissance économique en 2020. Une partie des pays asiatiques a réussi à contrôler le virus et aujourd’hui la demande recommence à augmenter. ‘Nous sommes assez optimistes quant à ce que nous voyons en Chine’, a déclaré Ben van Beurden, CEO de la Royal Dutch Shell à la BBC. L’Inde, qui a atteint une certaine immunité collective, recommence également à vivre.

Les commandes en ligne

Un autre facteur de la remontée du pétrole est le boom de l’e-commerce. La pandémie a créé de nouvelles habitudes parmi la population. De nombreuses personnes commandent de plus en plus en ligne. Il faut donc les livrer. Cela passe par les camionnettes, mais aussi par le trafic aérien et naval de fret, des moyens de transport très gourmands en pétrole. Ces commandes ont fait aussi grimper la demande en emballage plastique, fabriqué à base de pétrole, explique la BBC.

L’OPEP

Toutefois, ce n’est pas parce que le cours du pétrole est revenu à ses prix d’avant la pandémie, que la demande s’est totalement rétablie. L’économie est encore loin de tourner à plein régime, notamment en Europe où le virus et ses variants provoquent une nouvelle flambée des cas.

Les prix élevés sont en réalité créés artificiellement par l’OPEP+, le cartel réunissant les grands producteurs de pétrole dans le monde. Ensemble, et depuis le printemps dernier, ils ont imposé d’importantes limitations dans la production, afin de faire baisser l’offre. L’Arabie saoudite, par exemple, produit encore actuellement 1 million de barils en moins par jour que son niveau habituel.