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Le passeport covid-19: sauveur du tourisme ou cauchemar juridique?

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30/04/2020 | Baptiste Lambert | 6 min de lecture

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Les pays du sud de l’Europe ont été gravement touchés par le coronavirus. Ils espèrent toujours sauver les meubles via leur secteur touristique cet été. L’idée d’un ‘passeport immunitaire’ leur plait. Mais est-ce vraiment faisable?

De quoi s’agit-il? Lundi, le ministre grec du Tourisme a appelé à une élaboration rapide de règles touristiques. En Grèce, le tourisme représente 20% du produit intérieur brut et un cinquième de tous les emplois. À l’approche de l’été, ‘un plan de bataille doit être prêt’, avance Harry Theoharis. Et le mieux serait que ces règles soient décidées et uniformisées au niveau européen, a ajouté le ministre.

Comme toujours, il n’est pas facile de mettre tous les États membres sur la même ligne. Les pays du sud de l’Europe se montrent déjà horrifiés par les contrôles aux frontières qui s’appliquent actuellement. Ils veulent voir les restrictions disparaître dès que possible pour sauver leur industrie touristique. Le tourisme représente 10% du produit intérieur brut de toute l’Europe, et près du double dans les pays du Sud.

Des solutions? Deux voies circulent pour permettre les déplacements au sein de l’Union européenne.

  • Le passeport Covid-19: un document qui serait valable dans tous les États membres. Basé sur un test PCR et/ou d’immunité, le document, a priori numérique, confirmerait que le touriste n’est pas infecté par le Covid-19 et peut s’en défendre. En conséquence, il pourrait se déplacer librement vers sa destination. Rappelons toutefois qu’à ce stade, l’OMS prévient qu’il n’y a encore aucune certitude sur l’immunité réelle au Covid-19.

  • Le corridor: une connexion pour amener les touristes sur place en douceur. C’est l’idée de la Croatie qui souhaite attirer les voyageurs de la République tchèque, de l’Autriche et de l’Allemagne vers ses stations balnéaires, comme Dubrovnik et Split. La Grèce semble également aimer cette idée. Concrètement, il s’agit de vols spécifiques, organisés et sécurisés pour des destinations précises et sous contrôle.

Et maintenant? D’ici la mi-mai, la Commission européenne devrait disposer d’une série de propositions pour soutenir le secteur du tourisme. On devrait y voir plus clair après.

Mais ces solutions pourraient faire face à un enchevêtrement juridique. Rappelons par exemple que le passeport et l’idée même de couloir sont contraires au principe de la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne.

Évolutions

En coulisses, certains pays s’affairent déjà pour ne pas passer à côté des vacances d’été. Aux Pays-Bas, les autorités préviennent que tout passager en provenance d’un pays à haut risque (dont fait partie la Belgique) doit se munir d’une déclaration de santé, de respecter une quarantaine de 14 jours et de limiter les contacts avec les personnes. Pas terrible pour des vacances.

En République tchèque, les autorités ont rouvert les frontières aux voyages d’affaires. À partir du lundi 27 avril, ‘les citoyens européens peuvent venir en République tchèque pour les affaires’, a déclaré Pavla Novotna, une responsable du ministère des Affaires étrangères. 

La Croatie a donc lancé l’idée des corridors et négocie déjà avec plusieurs Etats. La France et même l’Italie n’ont pas abandonné l’idée d’une saison touristique. Dans la Botte, un ministre italien a même lancé une invitation aux touristes étrangers, mais chaque chose en son temps, d’abord ces pays doivent procéder à leur déconfinement. L’Allemagne, elle, montre des signes moins encourageants, alors que l’Espagne pourrait dire non au tourisme de masse jusque octobre.

Il est de toute façon inutile de se presser. La plupart des compagnies aériennes limitent considérablement leur offre jusque mi-juin, au moins. Il n’est pas encore clair si les vols pourront se faire avec des masques ou sous d’autres contraintes. Laisser un espace vide entre les sièges rencontre déjà une forte réticence du secteur. Outre la question de son utilité en terme sanitaire, cette mesure pose la question du coût: les compagnies aériennes ne voleront pas à perte.

Et enfin, il y a les législations nationales. Comme en Belgique où tout voyage non essentiel ne sera pas autorisé avant le 8 juin au mieux. On peut citer aussi les attestations de sortie en France ou les mesures de confinement en Italie : quel intérêt de passer ses vacances dans un pays on les contraintes sont trop importantes ? Réponse dans les prochaines semaines pour y voir plus clair.

Source: BusinessAM


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