Principaux renseignements
- Le nombre de logements vacants depuis au moins un an en Flandre a atteint un niveau record de plus de 30 000.
- Cette hausse intervient malgré un besoin urgent de logements abordables.
- Mais remettre un logement vacant en état coûte cher, tandis que la hausse des coûts de rénovation et le durcissement des normes énergétiques rendent l’accès à la propriété plus difficile pour les acheteurs.
Pour la première fois, le nombre de logements vacants de longue durée en Flandre a dépassé les 30 000. Selon un rapport du journal De Tijd, au moins 30 807 logements sont restés inoccupés pendant un an ou plus en 2025. Cette tendance est particulièrement marquée dans le secteur résidentiel, ce qui est préoccupant compte tenu du besoin urgent de logements abordables.
Une forte tendance à la hausse
Les statistiques montrent une augmentation de 3,4 pour cent du nombre de logements vacants par rapport à 2024. Cette hausse est encore plus frappante lorsqu’on l’observe sur le long terme : depuis 2020, on constate une augmentation de 38,5 pour cent, ce qui signifie que plus de 8 500 bâtiments supplémentaires sont désormais vides.
Il s’agit du niveau de vacance le plus élevé jamais enregistré depuis que l’agence Wonen in Vlaanderen a commencé à collecter ces données.
Pas de base de données centralisée
Cependant, les chiffres réels sont probablement supérieurs à ceux communiqués. La Flandre ne disposant pas d’une base de données centrale unifiée, seules les données de 215 des 285 communes de la région sont disponibles — plus précisément celles qui bénéficient d’un financement pour des initiatives locales collaboratives en matière de logement.
Alors que Wonen in Vlaanderen suggère que cette hausse est principalement due à une tenue plus rigoureuse des registres par les autorités locales, De Tijd note que cette affirmation ne peut être vérifiée de manière indépendante.
Appels à une plus grande transparence
Pascal De Decker, professeur émérite de politique du logement à la KU Leuven, constate que la rigueur avec laquelle les logements vacants sont recensés et traités varie considérablement d’une commune à l’autre.
Par conséquent, les spécialistes réclament la création d’un registre public transparent répertoriant tous les logements inoccupés en Flandre.
Vacance ne signifie pas automatiquement un logement abordable
Les chiffres élevés de la vacance immobilière semblent, à première vue, contradictoires avec la forte demande de logements abordables. La réalité est toutefois plus nuancée. Un bien vacant ne peut pas nécessairement être remis immédiatement sur le marché.
De nombreux logements sont vétustes et nécessitent des rénovations importantes, alors que les coûts de l’énergie, des matériaux et de la main-d’œuvre ont fortement augmenté ces dernières années. À cela s’ajoutent des obligations en matière de performance énergétique et de conformité technique. Ainsi, les nouveaux propriétaires de logements affichant un label EPC E ou F, acquis depuis 2023, doivent les rénover dans un délai de six ans afin d’atteindre au minimum le label D. Pour les candidats à l’achat, un logement qui semble abordable sur le papier peut ainsi rapidement se transformer en un investissement financier beaucoup plus lourd après l’acquisition.
Coût des rénovations comme obstacle
Le problème est d’autant plus important que le pouvoir d’achat des ménages est sous pression. L’inflation, la hausse des coûts de l’énergie et un marché du travail plus incertain réduisent la marge financière disponible pour les investissements importants. Un ménage qui achète aujourd’hui un logement nécessitant plusieurs dizaines de milliers d’euros de travaux doit en effet supporter ces coûts en plus du prix d’achat et des éventuelles charges de financement.
La question n’est donc pas seulement de savoir combien de logements sont vacants, mais aussi combien peuvent être remis sur le marché à un coût réellement abordable. Un logement vacant ne peut contribuer à résoudre la pénurie de logements que si les ménages sont en mesure de financer non seulement son acquisition, mais aussi sa rénovation. (lv)
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