Le nombre de criminels infiltrés dans les forces de police belges augmente: le gouvernement veut s’attaquer au problème de la corruption

Selon les services de sécurité, le nombre de criminels infiltrés dans les forces de police de notre pays est en augmentation. C’est pourquoi la police fédérale dit travailler à un contrôle permanent du personnel tout au long de sa carrière.

C’est ce que rapportent journaux du groupe Mediahuis et l’agence de presse Belga ce lundi matin.

Jusqu’à récemment, le degré de probité des policiers n’était examiné qu’au moment du recrutement. En 2019, l’inspection de la police a toutefois tiré la sonnette d’alarme sur les lacunes de cette pratique, alertant sur une « menace directe pour la démocratie ».

Depuis le début de cette année, quatre employés de la zone de police de Bruxelles-Ouest sont derrière les barreaux pour des violations de l’intégrité. Deux d’entre eux pour avoir transmis des informations à des criminels.

Des négociations difficiles

Cette année, la screening du personnel doit se traduire par une proposition concrète de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (CD&V).

On ne sait pas encore quelle sera la portée de ces contrôles. Sera-t-il bientôt possible, par exemple, de contrôler à la fois les biens des policiers et leurs transactions financières ? Les négociations avec les syndicats de police s’annoncent particulièrement difficiles.

Une enquête à grande échelle grâce à des téléphones piratés

Ces deux dernières années ont été marquées par des enquêtes de grande envergure sur le crime organisé en Belgique et à l’étranger. Parmi celles-ci, l’enquête Sky ECC, du nom des téléphones souvent utilisés par les organisations criminelles pour s’envoyer des messages cryptés. L’année dernière, la police a réussi à pirater ces téléphones. Grâce à toutes les informations qu’elle a pu obtenir, elle a pu ouvrir plusieurs nouvelles enquêtes.

Dans le cadre d’une de ces enquêtes, un policier bruxellois a été arrêté à son domicile à Molenbeek fin mars. Il aurait été en contact avec des criminels via le réseau Sky ECC, selon le site d’information bruxellois Bruzz.

« Manque de structures pour assurer un bon suivi des travaux »

Selon le criminologue Jelle Janssens, la police a fourni un effort important dans l’affaire Sky ECC (600.000 heures de travail effectuées par 493 agents). Mais les structures pour assurer un suivi adéquat de ces travaux manquent, avait-il souligné auprès de Bruzz en avril dernier. « Surtout dans le domaine des mesures anti-corruption, je ne vois pas beaucoup de mouvement », avait-il indiqué, lui qui fait des recherches sur le crime organisé à l’Université de Gand.

(OD)

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