Le « Middle Corridor » s’impose comme une voie commerciale alternative majeure entre l’Europe et l’Asie


Principaux renseignements

  • Le commerce mondial est de plus en plus affecté par les perturbations sur les routes traditionnelles telles que le détroit d’Ormuz, la mer Rouge et le Corridor nord.
  • Le « Middle Corridor » gagne en importance car il offre une liaison plus rapide et moins coûteuse entre l’Europe et l’Asie via l’Asie centrale et la région caspienne.
  • La rivalité géopolitique entre l’Union européenne et la Chine s’intensifie, car la Chine investit massivement dans les infrastructures, tandis que l’Europe mise principalement sur la stratégie et la politique.

Le commerce mondial a connu une transformation radicale au cours des quatre dernières années. Les principales routes maritimes et commerciales entre l’Europe et l’Asie ont été fortement perturbées. Le Corridor central, également appelé « route de transport transcaspienne », est présenté comme une voie commerciale alternative potentielle depuis les problèmes liés au détroit d’Ormuz qui ont débuté en avril 2026.

Routes commerciales traditionnelles

Plusieurs routes traditionnelles ont connu diverses crises logistiques ces dernières années, mettant en évidence leur vulnérabilité. Les tensions récentes entre les États-Unis et l’Iran ont rendu le détroit d’Ormuz difficilement, voire totalement inaccessible pour de nombreux pays. Cela a entraîné une forte baisse de 10 pour cent du trafic maritime. De plus, ce blocus fait grimper les prix du pétrole.

Par ailleurs, le Corridor nord, la route commerciale qui relie la Chine à l’Europe, a perdu de sa fiabilité, notamment en raison des tensions géopolitiques depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022. Les tensions avec les rebelles houthis autour de la mer Rouge, une mer intérieure entre l’Afrique et l’Asie, ont également contraint 90 pour cent de tous les navires à effectuer un détour par l’Afrique, ce qui a entraîné un allongement des délais de transport de 10 à 14 jours et des coûts supplémentaires considérables.

Middle Corridor

En raison de ces problèmes sur les routes commerciales traditionnelles, le Middle Corridor, qui passe par le Kazakhstan, la Géorgie, la mer Caspienne et l’Azerbaïdjan, suscite un intérêt croissant. Cette route offre plusieurs avantages.

Tout d’abord, il permet un transit plus rapide. Celui-ci s’élevait à 53 jours en 2022, alors qu’il ne devrait plus être que de 18 à 23 jours en 2026. En outre, le corridor permet de réduire les coûts, avec une moyenne de 3 500 à 4 500 dollars (3 000 – 3 900 euros) par conteneur, ce qui est nettement inférieur aux tarifs du fret maritime. Le troisième avantage réside dans la capacité croissante de plusieurs millions de tonnes de fret par an et de dizaines de milliers de conteneurs.

Au-delà d’un simple axe logistique, le « Middle Corridor » représente un choix stratégique pour l’avenir de l’autonomie européenne en matière de commerce et de matières premières. Le Kazakhstan a mis en œuvre des réformes visant à améliorer son climat d’investissement. Il souhaite également attirer les investissements étrangers, ce qui pourrait intéresser les investisseurs européens. Pour l’Europe, les enjeux sont importants : une moindre dépendance vis-à-vis des infrastructures russes, l’accès à des matières premières essentielles et des relations commerciales plus rapides et surtout plus stables avec l’Asie.

Investissements

L’Union européenne s’était engagée en 2024 à investir environ 10 milliards d’euros dans les liaisons de transport en Asie centrale, mais cela ne s’est pas concrétisé. La Chine, en revanche, a investi en 2025 environ 23 milliards de dollars (environ 20 milliards d’euros) au Kazakhstan, principalement dans des infrastructures reliées au « Corridor central ».

Ces approches divergentes en matière d’investissements créent une tension géopolitique manifeste entre l’Europe et la Chine. L’Europe se concentre sur les cadres politiques et les stratégies, tandis que la Chine investit massivement dans les infrastructures et le contrôle logistique. Il existe ainsi un risque que des infrastructures importantes, telles que les ports et les liaisons ferroviaires, finissent par tomber sous une forte influence chinoise. (fc)

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