Principaux renseignements
- La peste porcine africaine (PPA) a entraîné une baisse significative du prix des porcs en Espagne en raison des interdictions d’exportation imposées par les principaux importateurs.
- La surpopulation de sangliers est considérée comme l’un des principaux facteurs de propagation de l’épidémie de PPA.
- Malgré les difficultés économiques posées par la PPA, la consommation intérieure de viande porcine en Espagne reste forte et n’est pas affectée par les craintes des consommateurs.
Après la grippe mexicaine, c’est désormais une épidémie de peste porcine africaine (PPA) dans la région de Barcelone qui secoue le secteur porcin espagnol, un secteur qui s’est imposé ces dernières décennies comme le premier producteur de viande de porc en Europe. Le prix de la viande de porc dans le secteur espagnol s’effondre.
Conséquences économiques
Bien que la peste porcine africaine (PPA) reste confinée à une région proche de Barcelone, ses conséquences se font sentir partout dans les élevages porcins espagnols. Chaque porc vendu rapporte 30 à 40 euros de moins qu’avant l’épidémie. Cela s’ajoute aux difficultés que connaît le secteur depuis la fermeture des marchés d’exportation. Les grands importateurs de viande porcine tels que le Brésil, le Japon, le Mexique, l’Afrique du Sud et les États-Unis ont interdit la viande porcine espagnole, tandis que d’autres pays ont restreint les importations en provenance de la région touchée.
L’origine de l’épidémie fait encore l’objet d’une enquête. La découverte d’un sanglier infecté dans le parc naturel de Collserola, près de Barcelone, a conduit les autorités à réagir rapidement : elles ont fermé le parc de Collserola et lancé une recherche pour identifier d’autres animaux infectés. Bien qu’un centre d’expérimentation animale situé à proximité ait d’abord été soupçonné, cette hypothèse a été écartée.
Population de sangliers
L’abondance de sangliers dans la région est désormais considérée comme un facteur clé de la propagation de la PPA. Òscar Ordeig, ministre catalan de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, reconnaît que des politiques permissives en matière de faune sauvage ont conduit à une surpopulation d’animaux sauvages, notamment de lapins, de cerfs et, surtout, de sangliers.
Pour endiguer l’épidémie, les autorités procèdent à un abattage massif des sangliers dans une zone à haut risque de 6 km autour des premiers cas, une zone à faible risque plus large de 20 km ayant également été établie. Des filets, des cages métalliques, des armes à feu silencieuses, des caméras et des drones sont utilisés pour gérer efficacement cet abattage. Les sangliers abattus sont testés pour la PPA, et à la fin du mois de mars, 232 avaient été testés positifs.
Défis pour l’industrie porcine espagnole
L’industrie porcine espagnole est confrontée à un défi de taille. Après s’être reconstruite suite à l’éradication de la PPA il y a trois décennies, elle détient aujourd’hui le titre de premier producteur européen de viande de porc, avec un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros. L’épidémie actuelle menace de réduire à néant des années de progrès, avec une chute des exportations et une baisse des prix.
Alors que l’Espagne entend suivre l’exemple de la Belgique, qui a réussi à éliminer la PPA en 14 mois, des inquiétudes subsistent quant au rythme de la réponse. Certains acteurs du secteur estiment que les efforts d’abattage sont insuffisants et réclament des mesures plus décisives pour éviter un scénario similaire à celui de l’Allemagne, où la PPA a décimé le secteur porcin.
Malgré les inquiétudes liées à la PPA, la consommation intérieure de viande de porc en Espagne reste forte. Les bouchers spécialisés dans la viande de porc font état de prix de détail stables et attribuent toute baisse des ventes à des facteurs économiques généraux plutôt qu’aux inquiétudes liées à la PPA. culinaires, reste inébranlable. (fc)
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