Principaux renseignements
- Le conflit avec l’Iran a orienté les anticipations du marché vers une politique monétaire plus restrictive de la BCE, avec des taux d’intérêt élevés sur une plus longue période.
- La hausse des prix de l’énergie due au conflit alimente les craintes d’une inflation persistante et rend nécessaire un resserrement des conditions financières dans la zone euro.
- La confiance des marchés dans la capacité de la BCE à contrôler l’inflation demeure, mais dépend de la réouverture éventuelle du détroit d’Ormuz.
L’escalade du conflit en Iran a considérablement modifié les anticipations du marché concernant la trajectoire de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Les traders anticipent désormais une position plus restrictive de la part de la BCE, avec des taux d’intérêt qui resteraient élevés pendant une période prolongée. Ces perspectives découlent des craintes que le choc énergétique déclenché par la guerre en cours ne persiste.
Hausses de taux anticipées
En raison du conflit et de la flambée des prix du pétrole et du gaz qui s’en est suivie, les opérateurs anticipent une forte probabilité de hausse des taux d’intérêt lors de la réunion de l’BCE en avril, avec des prévisions de multiples hausses se poursuivant jusqu’en 2026. Cela contraste fortement avec les anticipations d’avant-guerre, qui penchaient vers une baisse potentielle des taux cette année.
La perspective d’une hausse prolongée des taux d’intérêt a entraîné une augmentation des rendements à deux ans dans la plupart des pays de la zone euro, reflétant une sensibilité accrue aux variations des anticipations de taux et d’inflation. Un tel environnement conduirait à un resserrement des conditions financières, susceptible de ralentir la croissance économique et d’augmenter les coûts du service de la dette pour les gouvernements.
Inquiétudes concernant l’inflation à long terme
Les inquiétudes du marché vont au-delà du court terme. Les rendements obligataires à plus long terme ont également augmenté, les analystes anticipant que la BCE adopte une approche proactive pour atténuer le risque d’une inflation auto-entretenue.
Cette prudence découle de la perception selon laquelle la BCE sous-estime l’inflation en 2022. Les inquiétudes concernant des dommages durables aux infrastructures énergétiques de la région, même en cas d’accord de paix potentiel, continuent de peser sur le sentiment du marché.
Possibilité de hausses plus agressives
Les économistes suggèrent que si le conflit avec l’Iran persiste, la BCE pourrait procéder à plus de deux hausses de taux et envisager des augmentations plus importantes, de l’ordre de 50 points de base. Les prix du marché reflètent actuellement l’anticipation d’une hausse des taux d’intérêt au cours des 15 prochains mois, pour atteindre environ 2,6 pour cent, contre un peu moins de 2 pour cent avant le début de la guerre.
La fermeture du détroit d’Ormuz, passage crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, a eu un impact significatif sur le sentiment des marchés. Les contrats à terme sur les taux à court terme de l’euro, qui suivent de près les prix du pétrole, ont enregistré leur plus forte hausse mensuelle jamais observée. Malgré ces inquiétudes, les indicateurs de marché relatifs aux anticipations d’inflation indiquent toujours que les investisseurs s’attendent à ce que la BCE parvienne à maîtriser les pressions sur les prix à moyen terme, l’inflation devant rester légèrement supérieure à 2 pour cent.
Cette confiance découle en partie de la crédibilité acquise par la BCE lors de la crise russo-ukrainienne, au cours de laquelle elle a démontré sa capacité à ramener l’inflation à son niveau cible. Cependant, les analystes reconnaissent que cet optimisme repose sur l’hypothèse que le détroit d’Ormuz finira par rouvrir.
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