Principaux renseignements
- La flambée de l’inflation en Espagne et en France pousse la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux d’intérêt.
- Les conflits géopolitiques font grimper l’inflation dans la zone euro au-delà de l’objectif de 2 pour cent.
- Les marchés anticipent une hausse des taux le 11 juin malgré la contraction de l’économie française.
Les données récentes indiquent que l’inflation en Espagne et en France a atteint son plus haut niveau depuis 2024, renforçant ainsi les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt par la BCE. Sous l’effet principal de la flambée des prix de l’énergie résultant des conflits géopolitiques, la hausse des prix à la consommation en glissement annuel a atteint 3,6 pour cent en Espagne et 2,8 pour cent en France au mois de mai. Alors que le chiffre français était légèrement inférieur aux prévisions, le résultat espagnol correspondait aux prévisions.
Une inflation supérieure à 3 pour cent
Ces rapports constituent les premiers d’une série de mises à jour économiques provenant des principaux pays de la zone euro. Ces chiffres permettront aux dirigeants de la BCE d’évaluer dans quelle mesure l’instabilité au Moyen-Orient fait grimper les prix et de déterminer si une réponse politique est nécessaire.
Selon les prévisions, l’Italie devrait connaître une hausse des pressions sur les prix, tandis que l’Allemagne pourrait enregistrer une légère baisse ; toutefois, les deux pays devraient rester bien au-dessus de l’objectif de 2 pour cent fixé par la banque centrale. En outre, le taux d’inflation global de la zone euro, qui regroupe 21 pays, devrait dépasser la barre des 3 pour cent enregistrée en avril.
Une hausse des taux d’intérêt se profile-t-elle ?
À la suite du déclenchement des opérations militaires contre l’Iran il y a trois mois, un large éventail de responsables de la BCE — allant de la plus offensive Isabel Schnabel au plus prudent Philip Lane — a indiqué que les taux d’intérêt devraient augmenter pour la première fois depuis 2023.
Bien que la banque ait décidé de ne pas relever ses taux en avril, les comptes rendus des réunions révèlent que les responsables considéraient certains effets inflationnistes de « deuxième vague » comme inévitables. Le débat principal n’est plus de savoir s’il faut agir, mais de déterminer le moment idéal pour une hausse des taux, les responsables ayant conclu que le simple fait d’ignorer les pics temporaires n’était plus une stratégie viable.
Les marchés tablent sur une hausse des taux d’intérêt en juin
Les marchés financiers anticipent largement une hausse des taux le 11 juin, prévoyant une augmentation du taux de dépôt de 2 pour cent à 2,25 pour cent, avec une autre hausse attendue avant la fin de l’année. Ces perspectives suggèrent que les inquiétudes liées à l’inflation prennent actuellement le pas sur celles concernant la croissance économique.
Dans le même temps, la France est confrontée à des vents contraires sur le plan économique. Des statistiques révisées montrent que la production nationale s’est en réalité contractée de 0,1 pour cent au cours du premier trimestre, dépassant les prévisions antérieures qui tablaient sur une stagnation. Les indicateurs actuels pour le mois de mai reflètent en outre un recul de l’activité économique et un affaiblissement de la confiance des consommateurs. Malgré cela, le ministre des Finances Roland Lescure a affirmé sur les réseaux sociaux que l’inflation restait maîtrisable et était largement tirée par les coûts de l’énergie, soulignant que la situation de la France était stable par rapport à celle d’autres pays européens. (fc)
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