Principaux renseignements
- Le ministre de la Défense du Kosovo cherche à constituer une armée de volontaires capable d’assurer sa propre défense et de coopérer au niveau régional.
- Le Kosovo surmonte les obstacles diplomatiques en se procurant des armes grâce à des accords bilatéraux avec des membres de l’OTAN tels que les États-Unis et la Turquie.
- La modernisation de l’arsenal du Kosovo, notamment avec des drones et des armes antichars, prépare une réduction potentielle de la mission de maintien de la paix de la KFOR tout en soulignant le rôle crucial de la diplomatie pour la stabilité régionale à long terme.
Ejup Maqedonci, ministre de la Défense du Kosovo, revient chez Bloomberg sur son parcours, de jeune rebelle luttant pour l’indépendance à l’un des artisans de la jeune armée nationale. Les uniformes encadrés dans son bureau symbolisent la complexité de la constitution d’une armée dans un pays à la reconnaissance internationale limitée et soumis à une présence continue de la KFOR.
Force modeste mais ambitieuse
Bien que modeste en taille, avec seulement quelques milliers de soldats et 460 millions d’euros d’armement, l’armée du Kosovo représente des progrès significatifs vers l’autodéfense et la coopération régionale. Maqedonci envisage une force composée de volontaires, équipée de trois fois plus de fusils que de soldats. Il souligne l’importance de la participation citoyenne plutôt que de la conscription obligatoire.
La volonté d’obtenir une reconnaissance universelle alimente l’ambition du Kosovo de mettre en place une armée à part entière, un objectif entravé par l’opposition de la Serbie et de ses alliés. La Serbie considère cette évolution avec méfiance, estimant que la KFOR est la seule force armée légitime dans la région. Le Kosovo contourne ces obstacles grâce à des accords bilatéraux avec des membres de l’OTAN tels que les États-Unis et la Turquie, accélérant ainsi les processus d’acquisition tout en dépassant les dépenses de défense recommandées par l’OTAN.
Moderniser
Le Kosovo modernise activement son arsenal, en acquérant des drones et des armes antichars, et en planifiant la mise en place de capacités de défense aérienne et d’hélicoptères. L’objectif ultime n’est pas de remplacer la KFOR, mais de se préparer à une éventuelle réduction de la mission de maintien de la paix. Bien que la KFOR ne soit pas entièrement retirée, des ajustements sont prévus.
La diplomatie
Les analystes soulignent que le renforcement militaire du Kosovo doit s’accompagner d’efforts diplomatiques visant à conclure un accord à long terme avec la Serbie, reconnaissant l’indépendance du Kosovo et accordant une autonomie accrue à sa minorité serbe. Le principal défi de Maqedonci consiste à convaincre des alliés sceptiques que les forces du Kosovo ne sont plus des rebelles, mais des contributeurs à la sécurité régionale.
Il déplore les procédures de briefing obsolètes destinées aux soldats de la KFOR, soulignant la nature évolutive du Kosovo et insistant sur la nécessité d’adopter une nouvelle perspective sur sa réalité actuelle.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

