Le F-47, nouvel avion de combat américain au prix exorbitant, risque de ne pas avoir une autonomie suffisante en cas de conflit avec la Chine


Principaux renseignements

  • Son rayon d’action limité constitue une menace pour l’efficacité du F-47 dans les conflits dans le Pacifique, notamment face à la Chine.
  • La stratégie de la Chine pourrait alors consister à neutraliser les avions-citernes américains.
  • La technologie de propulsion adaptative déterminera si cet avion pourra surmonter les obstacles géographiques.

Malgré son coût prévisionnel de 300 millions de dollars (264 millions d’euros) par unité et son statut d’avion de sixième génération à la pointe de la technologie, le F-47 NGAD américain présente une vulnérabilité critique : son rayon d’action.

Le défi géographique de l’Indo-Pacifique

Alors que les discussions concernant ces avions de nouvelle génération portent généralement sur l’intelligence artificielle, les capacités hypersoniques et la furtivité avancée, les experts militaires s’inquiètent de plus en plus du fait que le F-47 pourrait avoir du mal à atteindre le théâtre d’opérations en cas de conflit dans le Pacifique.

La géographie de l’Indo-Pacifique représente un défi bien plus important que lors des conflits précédents au Moyen-Orient, où les États-Unis bénéficiaient d’un réseau dense de bases aériennes régionales. En Asie de l’Est, les distances considérables entre les bases d’Okinawa et de Guam font du rayon d’action un facteur décisif. Par conséquent, la capacité à effectuer des vols de longue distance est plus cruciale que la furtivité à elle seule.

Avions ravitailleurs américains

La Chine se prépare stratégiquement à cette contrainte. Sa doctrine militaire consiste à utiliser des chasseurs furtifs J-20 pour cibler et éliminer les avions ravitailleurs américains. En neutralisant ces ravitailleurs, que ce soit en vol ou au sol, la Chine pourrait efficacement bloquer le F-47 et les drones « coéquipiers fidèles » qui l’accompagnent — les Collaborative Combat Aircraft (CCA) —, les empêchant ainsi de pénétrer dans la zone de combat.

L’efficacité du F-47 est étroitement liée à son partenariat avec ces CCA, qui sont conçus pour effectuer des missions de reconnaissance et neutraliser les défenses ennemies. Cependant, le rayon d’action de ces drones reste inconnu. Si ni le chasseur principal ni ses drones d’accompagnement ne peuvent parcourir les distances nécessaires sans ravitaillement fréquent, l’ensemble du programme risque de devenir inefficace, ce qui pourrait compromettre le rôle du F-47 en tant que successeur du F-22.

Quelle autonomie le F-47 aura-t-il ?

Les spécifications techniques du F-47 restent vagues, car l’avion ne devrait pas entrer en production à grande échelle avant le début des années 2030. Bien que l’armée de l’air vise une autonomie maximale supérieure à 1 000 miles (1 609 kilomètres) — ce qui dépasserait les capacités actuelles du F-22 et du F-35 —, cet objectif n’est pas encore garanti.

En revanche, selon certaines informations, le J-36 chinois pourrait être conçu avec une cellule plus grande et une configuration à trois moteurs afin de maximiser la capacité en carburant et l’autonomie.

Vers une propulsion adaptative

Pour relever ces défis, les États-Unis se concentrent sur le programme « Next-Generation Adaptive Propulsion » (NGAP). Cette initiative vise à créer un moteur à cycle adaptatif doté d’un troisième canal d’écoulement d’air, destiné à fournir la poussée et le rendement nécessaires pour étendre le rayon d’action de l’avion. En fin de compte, le succès du F-47 dépendra de la capacité de ces avancées en matière de propulsion et de ces stratégies de ravitaillement à surmonter les obstacles géographiques et les contre-mesures chinoises dans le Pacifique. (fc)

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