Principaux renseignements
- Les inspecteurs de l’AIEA retourneront dans toutes les installations iraniennes d’enrichissement d’uranium.
- La vérification du respect des engagements nucléaires entraînera la levée des sanctions américaines et le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars (environ 264,5 milliards d’euros).
- L’instabilité régionale et l’existence de sites secrets menacent la stabilité du processus de paix.
Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a fermement affirmé que les inspecteurs retourneraient dans les usines d’enrichissement d’uranium iraniennes.
S’exprimant depuis la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, Grossi a rejeté les affirmations iraniennes selon lesquelles certains sites endommagés resteraient interdits d’accès. Il a souligné que le protocole d’accord récemment signé par les dirigeants des États-Unis et de l’Iran contient des dispositions claires exigeant la surveillance par l’AIEA de toutes les installations contenant des matières nucléaires, ne laissant aucune place à l’interprétation erronée.
Accord de paix
L’accord global, signé par le président Donald Trump et le président Masoud Pezeshkian, vise à mettre définitivement fin aux hostilités militaires et prévoit un délai de deux mois pour régler les différends, notamment le statut des capacités nucléaires de l’Iran.
Cette question est particulièrement urgente car l’AIEA se voit interdire l’accès aux sites d’enrichissement depuis juin 2025, à la suite d’une brève guerre entre Israël et l’Iran. Bien que l’agence se soit rendue sur certains sites, tels que la centrale de Bushehr, elle ne peut vérifier les stocks d’uranium ni l’activité des centrifugeuses sans avoir accès aux installations d’enrichissement.
Sans vérification, pas d’accord nucléaire crédible
Les spécialistes de la non-prolifération restent préoccupés par le risque d’un transfert de matières nucléaires vers des sites secrets. L’Iran est actuellement le seul pays à enrichir de l’uranium à 60 pour cent de pureté – un niveau proche de celui requis pour la fabrication d’armes – sans disposer d’un programme d’armement officiel, bien que Téhéran insiste sur le caractère pacifique de ses intentions.
Grossi a déjà fait valoir que tout accord nucléaire sans vérification de l’AIEA n’est qu’une « illusion ». Par conséquent, la levée promise des sanctions américaines et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars (environ 264,5 milliards d’euros) sont strictement subordonnés au respect vérifié des engagements nucléaires.
Instabilité régionale
La stabilité de l’ensemble du processus de paix est encore menacée par l’instabilité régionale. L’AIEA a relevé, grâce à des images satellites, des activités suspectes dans un complexe souterrain à Ispahan, ce qui accentue la pression pour obtenir un accès immédiat.
Parallèlement, le cessez-le-feu est mis à rude épreuve par le conflit en cours entre Israël et le Hezbollah au Liban. L’Iran a lié le succès de l’accord nucléaire à la situation au Liban, et les informations faisant état d’une fermeture du détroit d’Ormuz ont encore accru les tensions. Le Hezbollah rejetant les conditions actuelles du cessez-le-feu, la voie vers une résolution durable reste précaire.
(at)
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