Principaux renseignements
- Le Canada déploiera des navires de guerre dans la région indo-pacifique à deux reprises cette année afin de renforcer la sécurité régionale.
- Le Japon devient un partenaire stratégique de premier plan dans les domaines des technologies de défense de pointe et de l’ingénierie maritime.
- Ottawa cherche à réduire sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis grâce à des achats multilatéraux et à la diversification de ses alliances.
Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a annoncé que le Canada déploierait des navires de guerre dans la région indo-pacifique à deux reprises cette année, plus précisément en août et en novembre. Ces missions, qui comprennent des exercices militaires et des escales dans des ports japonais, visent à renforcer les partenariats de sécurité avec des pays tels que la Corée du Sud, le Japon et les Philippines. Tout en étendant sa présence militaire, Ottawa s’efforce simultanément de maintenir des relations diplomatiques équilibrées et mesurées avec la Chine.
Liens avec le Japon
Lors d’une visite à Tokyo à la tête d’une importante délégation de représentants de l’industrie de la défense, McGuinty a souligné la volonté d’élargir l’alliance stratégique avec le Japon. Cette coopération se concentre sur des secteurs de pointe tels que la cryptographie, la technologie quantique, l’intelligence artificielle et l’ingénierie maritime.
Afin de formaliser ces efforts, plusieurs accords de coopération en matière de défense entre des entreprises canadiennes et japonaises devraient être finalisés. Ce rapprochement intervient alors que le Japon cherche à développer sa propre industrie de la défense et a récemment assoupli les restrictions sur l’exportation de matériel militaire.
Diversification des achats militaires
Le pivot stratégique du Canada vers la région indo-pacifique est en partie une réponse à la volatilité croissante de ses relations avec les États-Unis sous l’administration actuelle. À la suite de l’imposition de droits de douane et des propos provocateurs du président Donald Trump, le Premier ministre Mark Carney a exprimé le souhait de réduire la dépendance du Canada vis-à-vis du matériel militaire américain.
Ce changement s’est traduit par une révision du contrat d’acquisition des avions de chasse F-35. McGuinty a reconnu que, bien que les liens avec les États-Unis restent solides, la nature de ces relations a évolué.
Promotion de la collaboration multilatérale
Pour ne pas dépendre exclusivement des États-Unis, le Canada explore des collaborations multilatérales. McGuinty a mis en avant le programme Global Combat Air — une initiative conjointe entre l’Italie, le Royaume-Uni et le Japon visant à construire un avion de combat de nouvelle génération — comme un modèle illustrant comment les puissances de taille moyenne peuvent mettre leurs ressources en commun. Il a suggéré que la complexité de la défense moderne implique qu’aucune nation ne peut agir de manière isolée.
La Chine
En ce qui concerne la Chine, le gouvernement canadien adopte une approche « rééquilibrée ». McGuinty a fait valoir que le renforcement des liens militaires avec les alliés régionaux n’est pas incompatible avec la poursuite de la croissance économique avec Pékin. Cette double stratégie a récemment été soulignée par la visite du Premier ministre Carney en Chine visant à conclure un accord commercial réduisant les droits de douane sur les véhicules électriques, ainsi que par les démarches diplomatiques menées par la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, auprès des dirigeants du secteur automobile chinois. (fc)
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