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Le déconfinement pourrait prendre ‘des mois, peut-être un an’: la patience est le maître-mot

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Crise du coronavirus

11/04/2020 | Sonia Romero | 8 min de lecture

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Comme tous les jours, le centre national de crise et le SPF Santé publique ont fait le point ce samedi sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique. Par la suite, Erika Vlieghe, infectiologue à la tête du groupe stratégique pour préparer le déconfinement, prévient que celui-ci se fera très lentement.

Les chiffres:

  • 327 décès ont été annoncés ce samedi matin, dont 106 ayant eu lieu dans des hôpitaux et 219 dans des maisons de repos. 139 ont eu lieu en Flandre, 118 en Wallonie et 70 à Bruxelles. La Belgique compte donc un total de 3346 morts (confirmés au coronavirus ou suspectés).
  • 55 % des décès ont eu lieu à l’hôpital et 42 % dans maisons de repos. Cette proportion a tendance à augmenter avec le temps. Les 3% restants sont pour le moment indéterminés.
  • 421 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées vendredi. Il s’agit d’une augmentation de 25 hospitalisations supplémentaires dans les dernières 24 heures. 5625 personnes sont hospitalisées au total.
  • 1262 patients se trouvent désormais aux soins intensifs (-16 par rapport à hier) et 981 sont sous respirateur (-12).
  • Hier, 5515 tests ont été réalisés, 1351 sont revenus positifs: 756 en Flandre, 437 en Wallonie et 149 à Bruxelles. Depuis le début de l’épidémie, 28.018 tests sont revenus positifs en Belgique.
  • 418 ont pu sortir de l’hôpital ce vendredi. Au total, 5986 patients ont pu quitter les hôpitaux depuis le 15 mars.

Analyses

Dans les maisons de repos, Emmanuel André a tenu à préciser qu’une large initiative pour augmenter le nombre de tests effectués est en cours. 11.000 prélèvements ont été réalisés ces derniers jours. Le 9 avril, 263 résultats étaient disponibles. Un nombre qui est monté à 1086 hier. Ce nombre augmente de façon significativement d’heure en heure.

Mortalité

Le SPF Santé publique a également mis en garde contre des comparaisons de la situation en Belgique avec celle dans d’autres pays. ‘Il faut garder à l’esprit que la situation peut-être très différente d’un pays à l’autre, car le virus est entré dans des pays à des moments différents. Le démarrage peut donc avoir été retardé ou accéléré.’ Chez nous, le démarrage a été particulièrement rapide à cause des congés de carnaval et des retours de vacances.

Le nombre de décès rapporté est également lié à la capacité des hôpitaux et maisons de repos à réaliser des tests qui confirment ces décès. Dans beaucoup de pays, ces tests sont difficilement disponibles, il y a donc un effet de sous-rapportage. Mais ce n’est pas le cas en Belgique, indique le SPF Santé Publique. Les tests sont largement disponibles, essentiellement pour les hôpitaux.

Une autre question demeure: malgré certains indicateurs positifs, les décès augmentent. Le SPF Santé explique ce phénomène par les 3 vagues que suit l’épidémie: d’abord celle de la contamination, ensuite l’hospitalisation après quelques jours (difficilement mesurable). Vient ensuite la vague des décès, qui n’est pas aussi importante que les hospitalisations, mais il existe bien un décalage.

Il est donc normal de continuer à avoir un certain nombre de décès notifiés malgré des indicateurs positifs. Tels que le nombre de patients en soins intensifs (ICU) qui semblent avoir atteint son pic. La situation semble donc sous contrôle dans les hôpitaux.

Un déconfinement très lent

Dans une longue interview au journal flamand Nieuwsblad, Erika Vlieghe, présidente du Groupe d’experts en charge de l’exit stratégique (GEES) et cheffe du Service des maladies infectieuses de l’hôpital universitaire d’Anvers, met par ailleurs en garde contre toute précipitation lors du déconfinement.

‘Combien de temps cela va-t-il encore prendre? Des mois et des mois. Un an, peut-être même plus. Cela ne veut pas dire que nous devrons nous enfermer pour une autre année comme nous le faisons maintenant. Espérons que non. Mais nous devrons réduire [les mesures] très prudemment. Pas à pas, sans se presser. Au plan purement scientifique -mais ce n’est pas possible – tout le monde devrait rester en lockdown total jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin.’

Pour ce qui est des vacances d’été à l’étranger, elles semblent s’éloigner de plus en plus. ‘Il ne sert à rien de vouloir aller trop vite. Nous ne connaissons pas encore très bien ce virus. Ce sera une question de persévérance, j’en ai peur. Et quand nous commencerons à l’éliminer, il faudra que ce soit très, très lent et très progressif. Ce sera le grand défi. Nous devons faire en sorte que tout le monde, chaque Belge, reste motivé pour le faire de la meilleure façon possible.’

Des mesures de plus en plus difficiles à respecter

Elle invite donc à ne pas se décourager en si bon chemin. ‘Jusqu’à présent, nous avons été plutôt bons, c’est vrai. Mais si nous lâchons un peu les rênes, le virus pourrait se propager à nouveau d’une manière bien pire que ce que nous connaissons actuellement. Nous devons en être très conscients’, souligne Erika Vlieghe.

Le SPF Santé Publique a à ce propos indiqué que les mesures du confinement semblent de plus en plus difficiles à respecter. ‘Chacun souhaite de la stabilité et un retour aux bonnes nouvelles. Aujourd’hui, nous devons être tous patients. Restez chez vous, tenons bon’, encourage-t-il.

‘Ce n’est pas la courbe qui doit déterminer nos comportements. Mais au contraire, nos comportements qui doivent déterminer l’évolution de cette courbe. Le virus peut resurgir de façon très dure et très rapide. Nous devons agir ensemble en respectant les mesures’, a-t-il de nouveau affirmé.

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Source: BusinessAM


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