Le Burkina Faso inaugure sa première raffinerie d’or pour renforcer son autonomie


Principaux renseignements

  • Le Burkina Faso a inauguré la raffinerie Raffinor-BF afin de traiter l’or sur son territoire.
  • La souveraineté sur les ressources réduit la dépendance du pays vis-à-vis des puissances occidentales.
  • Les ambitions économiques se heurtent à une grave instabilité politique interne.

Dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer son indépendance financière, le Burkina Faso a inauguré sa première installation de traitement de l’or, Raffinor-BF. Cette initiative intervient alors que le gouvernement militaire, dirigé par le président Ibrahim Traoré, prend ses distances par rapport aux alliances occidentales de longue date. Lors de l’inauguration, le président Traoré a souligné que l’or du pays ne devait plus se contenter d’être extrait localement, mais devait également être raffiné, certifié et valorisé à l’intérieur de ses propres frontières.

Souveraineté sur les ressources

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays tentent de reprendre le contrôle de leurs richesses minérales. En actualisant leur réglementation minière et en limitant les exportations de matières premières, des pays comme le Ghana et la Guinée ont déjà réduit les sorties d’or. De même, la Côte d’Ivoire prévoit de mettre en service une raffinerie prochainement, tandis que le Mali collabore avec le groupe russe Yadran sur un projet similaire.

En quête d’autonomie nationale

Pour les dirigeants burkinabés actuels, la gestion des ressources naturelles est considérée comme une question d’autonomie nationale. En transformant l’or sur le territoire national plutôt que de l’expédier à l’étranger sous sa forme brute, la junte vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises étrangères et des gouvernements occidentaux.

Traoré a affirmé que les ressources du pays devaient servir l’intérêt général, en favorisant l’équité sociale et la durabilité environnementale pour les générations futures.

Capacité de production

Située à Ouagadougou et s’étendant sur cinq hectares, la raffinerie est actuellement capable de traiter 164 tonnes d’or par an, avec pour objectif à long terme d’atteindre 515 tonnes.

Cette capacité dépasse de loin la production annuelle précédente du pays, qui s’élevait à 94 tonnes. Ce projet, d’un coût de 11 milliards de francs CFA (16,8 millions d’euros), a été financé conjointement par des investisseurs privés et l’État, notamment par l’intermédiaire de la Société nationale des métaux précieux (SONASP).

Instabilité politique

Malgré ces ambitions économiques, le Burkina Faso continue de faire face à une grave instabilité. Ce pays, qui compte 23 millions d’habitants, est en proie à des insurrections menées par des groupes associés à l’État islamique et à Al-Qaïda.

De plus, depuis le coup d’État de 2022, le régime de Traoré fait l’objet de critiques internationales pour des violations des droits de l’homme, notamment l’enrôlement forcé d’opposants politiques, la mise au silence de la presse et des informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires.

(at)

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