La Guinée interdit les exportations d’or brut pour créer un pôle régional d’affinage


Principaux renseignements

  • La Guinée interdit les exportations d’or brut afin d’imposer la transformation sur son territoire.
  • Une nouvelle raffinerie de 26 millions d’euros permet d’accroître la captation de valeur au niveau national.
  • Le changement stratégique s’inspire du modèle de croissance économique des Émirats arabes unis.

Dans le but de s’approprier une plus grande part de la chaîne de valeur de l’or, la Guinée se positionne comme une plaque tournante centrale pour l’affinage de l’or en Afrique de l’Ouest, rapporte Reuters. Ce changement stratégique s’inscrit dans une tendance croissante chez les producteurs régionaux à transformer les métaux précieux sur place plutôt que d’expédier des lingots bruts vers les marchés internationaux, tels que le Moyen-Orient.

Le ministre des Mines du pays a souligné que le succès de cette initiative dépendra de la compétitivité économique plutôt que de la volonté politique.

Restrictions à l’exportation

Pour mettre en œuvre cette transition, le président Mamady Doumbouya a récemment instauré une interdiction immédiate de l’exportation d’or brut. Cette politique vise à maximiser la richesse nationale, d’autant plus que les cours de l’or restent élevés.

Infrastructures industrielles

Au cœur de cette stratégie se trouve une raffinerie nouvellement construite, que les responsables présentent comme l’une des plus grandes du continent. Selon Bangaly Steve Touré, du Fonds d’investissement minier, cette installation de 26 millions d’euros est conçue pour traiter un volume annuel initial de 530 tonnes métriques, avec une capacité pouvant atteindre 733 tonnes. Une fois les dernières autorisations réglementaires obtenues, l’usine devrait démarrer ses activités commerciales en juillet.

La Guinée n’est pas la seule à s’engager dans cette voie. D’autres grands pays producteurs d’or de la région, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, s’efforcent également de se doter de capacités de raffinage nationales.

Objectifs économiques

La motivation économique est de taille. Alors que la production d’or de la Guinée a atteint environ 2,32 millions d’onces l’année dernière – pour une valeur d’environ 6 milliards d’euros – , le pays ne retient actuellement que moins de 1 pour cent de cette valeur à l’intérieur de ses propres frontières.

Sylla a souligné que l’objectif était de reproduire le modèle utilisé par les Émirats arabes unis, qui ont tiré parti de leurs infrastructures d’affinage pour stimuler un développement économique à grande échelle, bien qu’ils ne disposent pas de mines d’or propres.

Réformes à venir

À l’avenir, le gouvernement élabore actuellement une législation visant à encourager le raffinage local. De plus, les responsables prévoient de mettre en place d’ici fin 2026 des réformes destinées à mieux organiser les activités minières artisanales et à améliorer la traçabilité du métal. Des acteurs majeurs tels que Nordgold et AngloGold Ashanti dominent actuellement le secteur industriel de l’or dans le pays.

(at)

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