Le Brent revient brièvement au niveau d’avant le conflit avec l’Iran


Principaux renseignements

  • Le cours du Brent est retombé sous les niveaux d’avant-guerre en raison d’une forte hausse des expéditions de pétrole en provenance du Golfe.
  • Les investisseurs font actuellement abstraction des risques à long terme et se concentrent plutôt sur les excédents d’offre à court terme.
  • Les experts prévoient un rebond des prix entre 80 et 90 dollars une fois que l’arriéré des pétroliers aura été résorbé.

Ce matin, le cours du Brent a brièvement retombé au niveau qu’il affichait avant le conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, fin février. Le cours de clôture d’avant la guerre s’élevait alors à 72,48 dollars le baril. À 9 h 38, le cours s’établissait déjà à 73,11 dollars le baril, un niveau qui reste relativement bas.

La tendance à la baisse est attribuée à une forte augmentation des expéditions de pétrole, auparavant bloquées, qui partent désormais du Golfe, ce qui conduit les investisseurs à faire abstraction des risques potentiels futurs liés à la crise.

Excédent à court terme

Le marché actuel reflète un excédent à court terme, comme en témoigne la préférence des traders pour des dates de livraison plus éloignées. Cette évolution coïncide avec une augmentation spectaculaire de l’activité maritime. Les données de Windward montrent que 31 pétroliers ont quitté le Golfe mercredi, soit près du double du volume de la veille. Pendant les hostilités, plus d’un milliard de barils se sont retrouvés bloqués en raison de l’arrêt de la production et de l’impraticabilité du détroit d’Ormuz, obligeant les pays à puiser dans leurs réserves stratégiques.

Effet temporaire

Malgré la chute actuelle, certains experts estiment que la baisse des prix est temporaire. Amrita Sen, d’Energy Aspects, souligne que, bien que les stocks mondiaux soient dangereusement bas, le marché a temporairement ignoré ce fait. Elle s’attend à ce que, dès que le stock de pétrole actuellement stocké dans les pétroliers aura été écoulé, les prix puissent grimper à 80 à 90 dollars le baril d’ici un mois.

Stabilité à long terme

Par ailleurs, Paul Horsnell, de l’Oxford Institute for Energy Studies, souligne l’impact de la décision de l’administration Trump de lever les sanctions sur le pétrole iranien pendant 60 jours. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a indiqué que 72 navires avaient transporté 20 millions de barils – soit près de 20 pour cent de la demande mondiale quotidienne – à travers le détroit en une seule journée.

Horsnell met en garde contre le caractère éphémère de cet afflux soudain, car la remise en service des champs pétroliers et le réacheminement des navires prennent du temps. Il estime que le marché est actuellement survendu et que l’offre et la demande devraient se stabiliser d’ici octobre, à condition que les efforts de paix se poursuivent.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus