Principaux renseignements
- L’Union européenne a dépensé 2,3 milliards d’euros en combustibles fossiles russes en mai 2026.
- La Hongrie et la Slovaquie sont en tête de la dépendance persistante de l’Union européenne vis-à-vis du pétrole et du gaz russes.
- Les failles dans les sanctions et les contrats à long terme retardent la découplage total des approvisionnements énergétiques.
En mai 2026, l’Union européenne s’est imposée comme le quatrième importateur de combustibles fossiles russes, consacrant 2,3 milliards d’euros à ces achats. Les données du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) indiquent que ces dépenses représentaient environ 12 pour cent des recettes totales perçues par Moscou auprès de ses cinq principaux partenaires d’exportation.
Principaux importateurs au sein de l’Union
Au sein de l’UE, la Hongrie a été le plus gros consommateur, avec 674 millions d’euros dépensés en pétrole et en gaz. La Slovaquie occupait la deuxième place parmi les importateurs, avec des dépenses totales de 497 millions d’euros, dont 376 millions pour le pétrole brut et 121 millions pour le gaz acheminé par gazoduc. Ces deux pays ont continué à recevoir du pétrole brut russe via l’oléoduc Druzhba transitant par l’Ukraine, un facteur qui a entraîné une hausse mensuelle de 22 pour cent des exportations russes de pétrole par oléoduc.
Importations de GNL
Malgré l’interdiction des contrats à court terme portant sur le GNL russe, entrée en vigueur le 25 avril 2026, les importations totales de GNL russe par l’UE ont en réalité augmenté de 4 pour cent en mai. Cette hausse inattendue s’explique par le fait que l’Espagne a doublé ses importations de ce combustible.
À l’inverse, d’autres pays ont enregistré des baisses : les importations de la France ont chuté de 29 pour cent pour s’établir à 253 millions d’euros, et celles de la Belgique ont reculé de 31 pour cent pour atteindre 252 millions d’euros. Le CREA a souligné que ces tendances mettent en évidence un besoin crucial de plus de transparence et de contrôle afin de garantir que l’élimination progressive du gaz russe ne soit pas compromise par des accords obsolètes.
Contournement des sanctions
Le rapport a également mis en évidence des lacunes dans l’application de l’embargo de janvier 2026 sur les produits pétroliers d’origine russe. En mai, dix cargaisons de produits raffinés à haut risque provenant de raffineries géorgiennes et turques — qui traitent du brut russe — sont arrivées dans des ports de l’UE.
Ces cargaisons ont été réparties entre plusieurs pays : Chypre en a accepté trois, l’Espagne en a pris deux, et une cargaison a été livrée respectivement en Italie, en Irlande, en France, en Croatie et en Bulgarie. La CREA a exhorté les forces de l’ordre de l’UE à enquêter sur ces importations afin d’empêcher le pétrole russe de contourner les sanctions.
Vers une découplage total
La stratégie de l’UE visant à priver le Kremlin des moyens de financer la guerre en Ukraine passe par un abandon progressif du GNL russe. Alors que les contrats à court terme ont été interdits en avril 2026, les accords à long terme devraient prendre fin au plus tard le 1er janvier 2027. Cette transition revêt une importance financière considérable, l’UE ayant dépensé environ 7,4 milliards d’euros en GNL russe en 2025.
Il est intéressant de noter que les volumes de GNL russe à destination de l’UE ont augmenté de 17 pour cent au cours du premier trimestre 2026 par rapport à l’année précédente. Pour compenser l’impact des sanctions européennes, Moscou a tenté de réorienter ses exportations vers l’Asie. Cependant, cette stratégie s’est avérée coûteuse en raison de frais de transport plus élevés et de la nécessité d’offrir des remises importantes — allant de 30 pour cent à 40 pour cent — à des acheteurs tels que la Chine. (fc)
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