L’avocat est le 6ème fruit le plus consommé au monde: pourquoi c’est un désastre écologique

Alors qu’il était quasiment introuvable chez nous il y a tout juste 10 ans, difficile maintenant de trouver un menu qui ne propose pas l’un ou l’autre plat à base d’avocat. Mais ce fruit pompe l’eau de la planète et n’apporte que des problèmes à ceux qui ne profitent pas des bénéfices de ce marché mirobolant.

Pourquoi est-ce important ?

Ce fruit rond à la chair verdâtre a débarqué du Mexique pour conquérir nos assiettes et notre palais, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on en raffole : l'avocat s'est hissé à la sixième place des fruits les plus consommés au monde. Derrière, dans l'ordre, la banane, le raisin, la pomme, l'orange et l'amande. Et ce n'est vraiment pas une bonne nouvelle. L'avocat est aussi sain que nourrissant, c'est vrai. Il est même très efficace pour lutter contre le cholestérol. Mais d'un point de vue écologique, notre dépendance au fruit de l'avocatier s'avère véritablement désastreuse.

Un fruit très gourmand en eau. Pour faire pousser un kilo d’avocats, comptez 2.000 litres d’eau. Contre 200 pour des tomates et 150 pour des salades, pourtant des plantes considérées comme très assoiffées. C’est énorme, et comme la demande grimpe à une vitesse exponentielle, on fait pousser des avocatiers sur des terrains qui n’ont absolument pas assez d’eau naturellement. Il faut donc irriguer massivement, au risque de détourner l’eau qui abreuve d’autres régions et d’autres cultures.

Une culture à la conquête du monde. Le Mexique reste à la fois le premier producteur et le premier consommateur mondial, avec 2,4 millions de tonnes cultivées en 2020, ce qui génère 2 milliards de dollars de revenus pour le pays. République dominicaine, Pérou et Colombie se partagent le reste du marché. Évidemment, d’autres nations tentent de profiter de cette manne tant qu’elle est populaire. Indonésie et Kenya se lancent, et Israël, l’Espagne, le Chili et la Chine s’y essaient, entre autres. Sauf que la majorité de ces pays n’a pas du tout un climat adapté à l’avocat ! Ce fruit n’est vraiment à l’aise que sous des tropiques très humides, et certains de ces pays sont plutôt arides. On retourne au problème de l’irrigation massive. Et bien souvent, on défriche des forêts entières pour planter des avocatiers.

Des réseaux courts vraiment pas écologiques. Le transport à longue distance des avocats entre les producteurs tropicaux et les consommateurs de l’hémisphère nord est déjà une aberration écologique. Sauf que ce fruit demeure tellement dépendant d’un climat particulier que favoriser des origines moins lointaines reste très dommageable pour l’environnement. L’Espagne a déjà recours à une irrigation massive pour ses cultures intensives de légumes. Depuis que le pays s’est lancé dans l’avocat, c’est toute l’Andalousie qui est priée de son eau, jusqu’à se désertifier à grande vitesse.

Un marché aux mains des cartels. Côté humain, ce n’est pas mieux non plus : la culture de l’avocat est tellement rentable qu’elle commence à intéresser les trafiquants de drogue mexicains, qui délaissent la coca. Une bonne nouvelle ? Non, car ils pratiquent les mêmes méthodes de travail : exploitation des paysans, intimidation, et même meurtre. Vos toasts au guacamole vous arrivent littéralement au prix de vies humaines.

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