Principaux renseignements
- Confrontée à des pressions financières liées à la guerre en Ukraine, la Russie va mettre en place un nouvel impôt sur les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises réalisant des profits excessifs.
- Le taux proposé pour cette « taxe sur les bénéfices exceptionnels » pourrait atteindre 20 pour cent, soit le double du taux de la campagne précédente, et ciblerait des entreprises au-delà du seul secteur énergétique.
- La détérioration des performances économiques de la Russie, notamment la contraction du PIB et un déficit budgétaire important, nécessite l’exploration de nouvelles sources de revenus.
Confrontée à une pression financière croissante due à la guerre en cours en Ukraine, la Russie prévoit de mettre en place une nouvelle taxe sur les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises. Cette mesure intervient après que les suggestions initiales des oligarques russes, qui proposaient des contributions volontaires au budget de l’État, se sont révélées insuffisantes.
La « taxe sur les bénéfices excédentaires » proposée viserait les entreprises dont les bénéfices dépassent les niveaux moyens enregistrés entre 2018 et 2019, avec un taux pouvant atteindre 20 pour cent. Ce taux est le double de celui imposé lors d’une précédente campagne de taxe sur les bénéfices exceptionnels en 2023. Alors que la taxe précédente avait généré environ 318,8 milliards de roubles (3,61 milliards d’euros), elle exonérait largement les entreprises pétrolières, gazières et charbonnières, faisant peser la charge principalement sur les secteurs minier, métallurgique et commercial.
Détérioration de la situation financière
Cette nouvelle taxe reflète la détérioration de la situation financière de la Russie. Selon son service de renseignement extérieur, le déficit budgétaire au premier trimestre 2026 a dépassé de 20 pour cent les objectifs annuels, atteignant 4 576 milliards de roubles (52 milliards d’euros). Une baisse significative des recettes pétrolières et gazières, en recul de 45,4 pour cent par rapport à la même période en 2025, a encore aggravé la situation.
Les économistes estiment que même une augmentation des exportations d’énergie ne suffirait probablement pas à combler le déficit budgétaire, ce qui oblige le gouvernement à explorer d’autres sources de revenus, y compris des secteurs rentables qui n’ont jusqu’à présent pas été touchés.
Cette évolution coïncide avec des indicateurs économiques plus généraux qui laissent présager une tension croissante. Des données récentes révèlent que l’économie russe s’est contractée pour la première fois depuis mars 2023, le PIB ayant baissé de 2,1 pour cent en glissement annuel en janvier par rapport à 2025. Alors que les responsables russes attribuent ce ralentissement à des facteurs tels qu’un mois de travail plus court et des conditions hivernales rigoureuses affectant l’activité industrielle, les économistes avertissent que cette tendance suggère une stagnation plutôt qu’une croissance dans la plupart des secteurs clés.
Réformes économiques
L’aggravation des tensions économiques se reflète également dans les propositions formulées par des personnalités influentes en Russie. Le milliardaire Oleg Deripaska a suggéré de mettre en place une semaine de travail de 12 heures sur six jours afin d’accélérer la restructuration économique du pays. Il fait valoir que les ressources limitées nécessitent une intensité de main-d’œuvre accrue pour que la Russie puisse surmonter la crise mondiale actuelle.
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