Experts de l’ONU condamnent les actes présumés de torture commis dans une prison biélorusse


Principaux renseignements

  • Les experts de l’ONU condamnent les mauvais traitements et les actes de torture présumés infligés aux détenus au sein du système pénitentiaire biélorusse, en particulier à la colonie pénitentiaire de Novopolotsk.
  • La pratique consistant à punir les détenus pour leurs tentatives de suicide au lieu de leur fournir le soutien nécessaire viole les normes fondamentales en matière de droits de l’homme.
  • Le gouvernement biélorusse fait l’objet de critiques internationales pour avoir invalidé les passeports de prisonniers politiques qui ont été expulsés de force après leur libération.

Un groupe d’experts des Nations unies a fait part de ses inquiétudes concernant le traitement des détenus au sein du système pénitentiaire biélorusse. Cette déclaration fait suite à une série d’informations faisant état de conditions de détention difficiles et d’éventuels actes de torture dans la colonie pénitentiaire de Novopolotsk.

Allégations d’abus et de négligence

Les experts se réfèrent à des informations crédibles suggérant que les détenus de cet établissement pourraient être soumis à une isolement cellulaire prolongé, à des mesures disciplinaires et à des châtiments corporels après des tentatives de suicide. Des soins médicaux essentiels leur seraient également refusés.

Sanctions pour tentatives de suicide

Le cas du journaliste Ihar Losik illustre bien ces problèmes. Arrêté en 2020 pour des motifs politiques, M. Losik a subi, pendant sa détention à Novopolotsk, de longues périodes d’isolement dans des conditions très difficiles. Il aurait tenté de se suicider à deux reprises pendant sa détention. Après l’une de ces tentatives, il aurait subi de graves blessures, mais on lui aurait refusé l’hospitalisation et il aurait été placé en « isolement disciplinaire ».

Les experts expriment leur profonde inquiétude face à la pratique consistant à sanctionner les détenus pour leurs tentatives de suicide au lieu de leur offrir le soutien psychologique et médical nécessaire. Cette approche est contraire aux normes fondamentales en matière de droits de l’homme. De plus, de nombreuses informations sont dissimulées aux proches. Le décès signalé d’un détenu âgé souffrant de problèmes de santé alors qu’il était détenu à l’isolement sans soins adéquats a incité les experts de l’ONU à appeler au respect du droit international.

Condamnation de l’annulation des passeports

Dans une déclaration distincte, une équipe d’enquêteurs de l’ONU critique la décision du gouvernement biélorusse d’annuler les passeports des prisonniers politiques qui ont été expulsés de force après leur libération. Cette mesure, affirment-ils, est contraire au droit international et dépourvue de justification juridique. Elle exhorte les autorités biélorusses à remédier immédiatement à cette situation.

Le Centre biélorusse des droits de l’homme Viasna indique que plus de 1 100 personnes sont toujours détenues en tant que prisonniers politiques en Biélorussie, dont beaucoup ont été arrêtées à la suite des élections controversées de 2020 qui ont donné lieu à des manifestations généralisées. (fc)

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