La Russie met en place un réseau de sites de lancement de drones près des frontières de l’OTAN


Principaux renseignements

  • La Russie a décentralisé ses frappes de drones en mettant en place un réseau de 10 sites de lancement.
  • Les drones Geran-5 à propulsion à réaction menacent désormais des cibles sur tout le flanc est de l’OTAN.
  • Les alliés se sont engagés à débloquer 40 milliards de dollars (34,5 milliards d’euros) pour accélérer le développement de systèmes de défense contre les drones.

Des données satellitaires récentes analysées par The Telegraph révèlent que la Russie a mis en place un réseau sophistiqué de sites de lancement de drones à longue portée répartis dans ses régions occidentales. Une enquête menée à partir d’images commerciales et de renseignements divulgués a mis en évidence une dizaine de sites différents comptant au moins 59 rampes de lancement. Ces installations sont principalement situées dans les régions de Briansk et de Koursk, à proximité des frontières avec la Biélorussie et l’Ukraine. Elles permettent à Moscou de décentraliser ses capacités d’attaque, réduisant ainsi le risque qu’une seule frappe puisse neutraliser l’ensemble de sa flotte de drones.

Matériel de pointe

Bien que la Russie utilise actuellement ces sites pour attaquer l’Ukraine, les spécifications techniques de l’infrastructure suggèrent des ambitions plus larges. Une vingtaine de rails de lancement récemment découverts sont plus longs que ceux destinés aux drones à hélices standard. Cela suggère qu’ils ont été conçus pour des appareils plus grands, propulsés par des moteurs à réaction. Cette évolution coïncide avec l’introduction du Geran-4 et du Geran-5, plus sophistiqué. Ce dernier est nettement plus rapide et dispose d’une portée estimée à environ 950 km, ce qui le rend plus difficile à intercepter pour les unités de défense mobiles par rapport aux modèles précédents basés sur le Shahed.

Risques stratégiques pour le flanc oriental de l’OTAN

La situation géographique de ces bases constitue une préoccupation stratégique pour le flanc est de l’OTAN. Certains de ces sites étant situés dans l’ouest de la Russie, des avions tels que le Geran-5 pourraient potentiellement atteindre des cibles en Pologne et chez d’autres alliés voisins. Il n’existe actuellement aucune preuve que Moscou ait l’intention d’attaquer immédiatement les membres de l’OTAN. Néanmoins, la mise en place de ces infrastructures crée une capacité militaire prête à l’emploi en cas de conflit direct.

Investissements défensifs

En réponse à ces menaces grandissantes et aux violations antérieures de son espace aérien, l’OTAN a renforcé sa posture défensive. Dans le cadre de l’initiative « Eastern Sentry », l’Alliance a déployé davantage de moyens et de technologies spécialisées pour la détection des drones. De plus, lors d’un forum sur la défense organisé à Ankara, les États membres se sont engagés à consacrer, au cours des cinq prochaines années, plus de 40 milliards de dollars (34,5 milliards d’euros) à des systèmes de lutte contre les drones et à l’amélioration de la formation des opérateurs.

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