L’Allemagne souhaite rattraper rapidement son retard dans le domaine militaire et met en place un régiment spécialisé dans les drones


Principaux renseignements

  • L’Allemagne comble rapidement son retard technologique grâce à un nouveau régiment de systèmes sans pilote.
  • Les enseignements tirés des combats en Ukraine réorientent l’armée vers la guerre mobile.
  • Cinq lacunes critiques en matière de capacités subsistent pour garantir une pleine préparation au combat.

Le général de corps d’armée Christian Freuding, inspecteur de l’armée de terre, estime que l’armée allemande est arrivée à un tournant décisif de son évolution. Ayant précédemment dirigé le centre de suivi de la situation en Ukraine et l’état-major de planification au ministère de la Défense, Freuding est souvent cité comme un successeur potentiel de l’inspecteur général Carsten Breuer. Dans une interview accordée à Welt, il a évoqué l’avenir de la Bundeswehr.

Systèmes autonomes

Le général affirme que la Bundeswehr comble rapidement son retard technologique, notamment en matière de systèmes autonomes. La décision du ministre de la Défense de créer un régiment dédié aux systèmes sans pilote (UXS), qui devrait atteindre sa capacité opérationnelle initiale d’ici l’année prochaine, constitue une avancée significative dans cette direction.

Freuding souligne que l’Allemagne travaille en étroite collaboration avec les forces ukrainiennes afin d’intégrer leurs expériences de combat sur le terrain dans les stratégies allemandes de guerre terrestre.

Répondant aux comparaisons avec les projets américains de « Commandement de la guerre autonome », Freuding soutient que l’approche allemande est adaptée à l’échelle du pays. La stratégie repose sur une double approche : intégrer la technologie sans pilote directement dans les unités existantes tout en la déployant en tant que moyens indépendants au niveau de la division. Il considère ces deux méthodes comme essentielles et prometteuses pour le combat moderne.

Leçons tirées du front ukrainien

En s’appuyant sur le conflit en Ukraine, et plus particulièrement sur le succès de l’« opération Vivaldi », Freuding fait valoir que la synergie entre les systèmes pilotés et autonomes prouve que des manœuvres à fort impact et méticuleusement planifiées restent possibles.

Il estime que cette intégration permet à l’armée de dépasser la guerre de tranchées statique et de revenir à une forme de combat plus mobile. Ces enseignements vont désormais éclairer les nouvelles directives opérationnelles de l’armée de terre et le fonctionnement du futur régiment de drones.

Les cinq piliers

Malgré ces progrès, Freuding identifie cinq domaines critiques dans lesquels l’Allemagne doit accélérer son développement pour garantir sa préparation au combat :
1. L’engagement de cibles à longue portée sans ligne de visée directe.
2. Les capacités de lutte contre les drones pour protéger l’espace aérien à basse altitude.
3. L’intégration de la guerre électronique dans toutes les branches des forces armées.
4. Le déploiement à plus grande échelle de divers systèmes sans pilote terrestres et aériens.
5. Un système de commandement et de contrôle numérique assisté par l’IA pour relier tous les domaines opérationnels.

Évolution de la culture

Sur le plan politique, Freuding observe une évolution de la culture stratégique allemande. Contrairement aux opinions qui privilégient la diplomatie à la puissance militaire, il estime que le public est de plus en plus conscient de la menace que représente la Russie. Selon lui, un consensus sociétal se dégage de plus en plus sur le fait que le maintien d’une armée puissante est le seul moyen d’assurer une dissuasion efficace et de défendre activement les libertés démocratiques. (fc)

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