La Russie intensifie sa lutte contre les Big Tech, surtout les Américaines: ‘Elles doivent se conformer à la législation russe’

Le mois dernier, un tribunal de Moscou a ordonné à Google de rétablir la chaîne YouTube de Tsargrad TV dans le monde entier. Tsargrad TV, ‘la réponse orthodoxe russe à Fox News’, y avait été bloquée l’année dernière. Mais la branche russe de Google a décidé de faire appel de la décision de justice.

  • Tsargrad TV, qui appartient à l’homme d’affaires Konstantin Malofeev, affirme que YouTube a bloqué son compte en juillet 2020 sans donner de raison. Google a déclaré à l’époque qu’il avait pour politique de suspendre les comptes qui enfreignaient les sanctions ou les règles de restriction commerciale.
  • Malofeev a fait l’objet de sanctions américaines et européennes en 2014 pour avoir prétendument financé des séparatistes pro-russes combattant en Ukraine. Ce qu’il nie. La Russie considère que ces sanctions occidentales sont illégales.
  • En avril, la Cour d’arbitrage de Moscou a déclaré que Google devait rétablir le compte Tsargrad TV ou payer une amende journalière de 100.000 roubles (1.350 dollars), qui doublerait pour chaque semaine de défaut de paiement de Google.
  • Le conflit avec YouTube est l’un des nombreux cas où les géants américains de la technologie ont provoqué l’ire de l’État russe. Le président Vladimir Poutine a accusé les entreprises de médias sociaux de ‘monopole’ dans un discours prononcé cette année au Forum économique mondial.

Google Russie réplique

  • ‘Nous avons fait appel de la décision rendue le mois dernier au sujet de Tsargrad T, car elle annule les décisions antérieures de plusieurs tribunaux russes et prévoit une sanction qui n’a aucun rapport avec l’affaire en question’, a déclaré Google Russie dans un communiqué.
    • ‘Nous faisons également appel parce que la décision crée beaucoup d’incertitude pour les investisseurs étrangers (…) en Russie.’
  • Les représentants de M. Malofeev ont déclaré qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’appel de Google et leur interprétation du jugement.
    • ‘Nous pensons que la décision est absolument légale et nous le prouverons lors de l’audience en appel, qui aura probablement lieu fin juin’, a déclaré à Reuters Valeriy Rukobratskiy, le porte-parole de M. Malofeev.
    • ‘Je n’ai pas l’intention de souffrir en tant que citoyen russe en Russie parce que les idiots en Amérique sont capables de choses idiotes. C’est pourquoi je défends mes droits en vertu de la loi russe’, a déclaré M. Malofeev au Financial Times la semaine dernière.
    • Si les plateformes internet américaines ne peuvent pas se conformer à la législation russe, alors il se peut qu’elles n’aient rien à faire en Russie. C’est à eux de décider’, a-t-il ajouté.

‘Souveraineté numérique’

  • La Russie tient la ‘souveraineté numérique’ en haute estime. Le pays emploie une série d’outils pour contrecarrer les groupes technologiques.
    • Au printemps, les censeurs ont déployé une nouvelle technologie de l’‘internet souverain’ russe en vue de ralentir Twitter. Ils ont agi ainsi parce que le réseau social à l’oiseau bleu n’avait pas supprimé 3.168 messages qui, selon eux, incitaient à des activités illégales.
  • Moscou estime que cette surveillance est vitale à une époque où les géants étrangers de l’internet contrôlent de grandes quantités de données personnelles des Russes. Le Kremlin craint que ces données ne soient utilisées pour exposer ses services de renseignement ou pour organiser des manifestations.

Navalny

Le président Vladimir Poutine a prévenu cette année qu’il était crucial de contraindre les entreprises étrangères à se conformer aux lois russes afin que la société ne s’effondre pas ‘de l’intérieur’.

Google et YouTube sont les plus grandes cibles. Le fait qu’Alexei Navalny, l’opposant le plus en vue de Poutine, compte plus d’abonnés sur YouTube que toutes les chaînes de télévision d’État russes réunies y est peut-être pour quelque chose.

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